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Bran le village disparu

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Préambule

Le promeneur qui arpente le chemin communal, situé au nord-ouest du château de la Roche de Bran, rencontre trois ensembles de pans de murs, les restes d’un conduit de cheminée, enfouis dans la végétation, là sont les ruines de ce qui fut le hameau de Bran. L’origine la plus ancienne connue date de 1230, « villa de Braenc ». Hameau important comme nous l’indique le cadastre napoléonien de 1817 avec ses 17 bâtiments qui dépendaient du château de la Roche de Bran.

     

Historique

« La « villa de Braenc » est citée pour la première fois en 1230, puis à nouveau en 1324, 1337, 1345 et 1552.
Le hameau comprend plusieurs métairies. Elles font partie du domaine de la Roche de Bran dès le 17e siècle, comme l'indique le partage des biens de la famille Richard, propriétaire du domaine, le 1er avril 1642. A la suite de ce partage, elles sont dispersées entre différentes branches de la famille. L'une d'elles, appelée la métairie de la Bertaudrie, fait partie le 6 décembre 1713 de la succession de Jean, André et Perrette Richard. Elle comprend une cour au devant, une autre à l'arrière, deux chambres basses, un fournil, des greniers par-dessus, trois écuries, une grange, et une clôture de trois boisselées.
Non loin de là se situe aussi la métairie de Latus, également concernée par le partage de 1713, et consistant en deux chambres basses, un grenier, un four, une écurie et un petit toit, une petite grange en très mauvais état, et un appentis.
Le partage de 1713 mentionne enfin la métairie de la Caillerie ou Cailletrie, autre exploitation située au hameau de Bran, consistant en deux chambres basses et deux appentis, un grenier sur les chambres, une grange, un four, un toit, deux écuries joignant la grange, les chènevières autour des bâtiments dans lesquelles se trouvent une fosse et un grand ormeau.
Les différentes métairies se partagent un droit d'usage dans un puits commun.
Ces métairies, notamment celle de la Caillerie et de Latus, reviennent au domaine de la Roche de Bran lorsqu’Esperon de Beauregard les rachète aux héritiers Richard en 1786. Le reste du hameau a déjà été acquis par M. de Beauregard en 1775, en même temps qu'il a acheté la seigneurie de la Roche de Bran. Comme cette dernière, sauf quelques maisons appartenant à des paysans, Bran passe dans les mains du duc des Cars en 1828, et est resté depuis dans le giron de la Roche de Bran.
 » (1)

    

Recensements du village de Bran

Année

Nb de maisons

Nb de ménages

Nb d’habitants

1841

6

6

24

1846

5

5

27

1851

5

5

23

1586

7

8

26

1861

7

8

26

1866

5

5

18

1872

7

7

28

1876

7

7

21

1881

6

6

17

1886

7

7

19

1891

7

7

21

1896

6

6

21

1901

7

7

20

1906

5

5

23

1911

5

5

22

1931

4

4

9

1946

1

1

6

1954

1

1

5

Nota : les recensements de 1921-1926 et 1936 ne font pas une distinction précise entre Bran et la Roche de Bran.

Le hameau de Bran fut en grande partie abandonné dans l’entre-deux-guerres. Après la seconde guerre, il ne reste plus qu’une famille…

        

Quelques familles du village de Bran

Au début du 20e siècle, en 1901 on trouve :

  • Penin Augustin, maréchal-ferrant (patron), marié à Radegonde Dion, ils ont 2 enfants
  • Vincent Joseph, jardinier chez M de Murard, marié avec Victorine Benoît, ils ont 6 enfants.
  • Landreau René, domestique chez M de Murard, marié à Marie-Louise Vallée
  • Mondon Jean, domestique chez M de Murard, marié à Marie Abonneau, ils ont une fille.
  • Brimaud Gabriel, journalier, marié à Marie Baudinière.

En 1911 s’ajoute la famille Godin : Jean Godin, cultivateur, marié à Constance Couvrat, ils ont 3 enfants.

En 1931 il ne reste plus que quatre familles : les Penin, Godin, Taunay Prosper et Blanchard Yves, cultivateur, marié à Madeleine Mathé, ils ont deux filles.

     

La dernière famille du village de Bran

Le recensement de 1946 nous indique qu’il ne reste plus qu’une famille à Bran : la famille ROY

Clément Roy est né le 10 octobre 1893 à Nouaillé-Maupertuis, il exerce la profession de journalier puis cultivateur, il s’est marié le 10 juillet 1926 à Montamisé avec Simone Godin, née le 16 août 1904 à St Georges, fille de Jean Godin et Constance Couvrat, ils auront trois enfants.

Clément Roy va faire la guerre de 1914-1918 dans l’infanterie, il sera blessé deux fois et décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

En 1954, ils sont toujours recensés à Bran. Par contre le recensement de 1962, les situent à la Roche de Bran, comme celui de 1975 (Clément Roy, son épouse Simone Godin et leur fils Jean-Marie).

Nous pouvons en déduire que  la dernière maison a disparu entre 1954 et 1962.

Alors, promeneur, quant tu verras ces vénérables vestiges où des femmes et des  hommes ont vécu d’un dur labeur, garde une pensée pour eux et respecte ses vieilles pierres.

     

Sources :

(1) Inventaire du patrimoine de la CAP, Yannis Suire 2006.

(1) Archives départementales de la Vienne E nouveau 1359. 1713, 6 décembre : partage de biens entre Françoise Mousnier et Joachim-François-Xavier Richard.
Archives départementales de la Vienne J dépôt 22, chartrier de la Roche de Bran, liasse 20. 1775, vente de la seigneurie de la Roche de Bran par François Thoreau à M. Esperon de Beauregard.
Archives départementales de la Vienne J dépôt 22, chartrier de la Roche de Bran, liasse 21. 1786, 8 juillet : vente des métairies de la Caillerie et de Latus par François-Xavier Richard à M. Esperon de Beauregard.
Archives départementales de la Vienne J dépôt 22, chartrier de la Roche de Bran, liasse 93. 18 e-19 e siècles : ventes de métairies.

AD 86 archives en ligne : Recensements - Etat-Civil - Registres matricules - Cadastre napoléonien

    

Montamisé, le 10 juin 2014

Article de Jean-François LIANDIER