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Faits divers d’autrefois à Montamisé

   

Préambule

« Le mot « fait divers » (apparu en 1838) désigne à la fois l’événement lui-même, l’information qui le relate et la rubrique du journal qui le traite. ». Tous ces évènements de la vie exercent souvent sur l’homme une troublante attraction. Montamisé n’échappe pas à la règle, ouvrons les pages de la presse ancienne et nous observons ces « faits divers » montamiséens d’abord traités par la presse régionale mais aussi relayés par la presse nationale comme nous allons le voir.

   

Quelques faits divers montamiséens au fil du temps

         

  • Sur le thème : catastrophe naturelle, un violent orage avec grêle a frappé Montamisé et les communes limitrophes le samedi 20 juin 1874. Plusieurs journaux parisiens du 24 juin 1874 reprenant la presse régionale, en font état : « le Constitutionnel », « le Journal des Débats » : « vers 7h du soir, dit le « Courrier de la Vienne » après de sourds grondement du tonnerre, la grêle est tombée pendant dix minutes avec une grande violence et a causé les plus graves dégâts, principalement dans les communes de Buxerolles, Montamisé, St Benoît et Ligugé. Les vignes qui avaient résisté aux précédents orages ont perdu une grande partie de leurs récoltes. Des noyers ont été arrachés. Les blés et autres céréales ont vu se vider une partie de leurs épis…A Poitiers, la grêle a creusé rue des Trois Rois une tranchée de 40 cm de profondeur sur plus de 4 m de longueurs littéralement hachés… ».

          

  • Sur le thème des incivilités (fait divers survenus le dimanche 4 mars 1906). 
    Le « Journal » du 7 mars 1906 titre « Soldats iconoclastes », le « Temps » (ancêtre du journal le Monde) écrit « Dimanche dans l’après-midi, quatre artilleurs de la 6° compagnie d’ouvriers d’artillerie qui passaient sur la route de Bonneuil-Matours près de Montamisé, ont brisé et renversé un calvaire qui se trouvaient sur une propriété privée et l’ont jeté sur la route. Sur la plainte déposée hier par le propriétaire, une enquête est ouverte par l’autorité militaire. ». On connait la suite de cette affaire par le « Courrier de Saône et Loire » du 17 mars 1906, ce calvaire avait été érigé en mémoire d’une victime d’un accident mortel, « les quatre coupables reconnus ont été frappés de 15 jours de prison. L’autorité militaire a décidé de faire restaurer la croix ».

            

  • La noce tragique de Mortier du 7 avril 1908 (voir la rubrique histoire sur le site internet de la commune).
    Cette tragédie qui a fait deux morts et plusieurs blessés a beaucoup marqué les Montamiséens, la presse régionale et presque toute la presse nationale, les journaux des 9 et 10 avril 1908 comme : La Lanterne, Le Gaulois, Le Temps, La Petite Gironde, La Croix, Le Siècle, Le Matin, Le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, L’Univers, L’Aurore, Le Petit Parisien, Le Petit Journal, Le Radical, Le Cherbourg Eclair, L’Express du Midi, L’Echo de Paris…

          

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  • Accident de la route le 15 août 1927.
    Le Petit Journal du 17 août 1927 titre « Moto contre side-car, cinq blessés » « Hier à 23 heures près de Poitiers, une collision s’est produite entre une motocyclette montée par M. Fernand Rat, âgé de 23 ans, de Montamisé et son beau-frère M. Guignard de St Georges les Baillargeaux et un side-car venant en sens inverse et conduit par M. Eugène Barreau âgé de 24 ans de Savigny-Lévescault, accompagné de deux amis. Le choc fut si violent que les cinq jeunes gens ont été projetés à plusieurs mètres sur la chaussée. Deux se sont relevés sans blessure ; quant aux trois autres, ils ont dû être transportés à l’Hôtel-Dieu de Poitiers. Etant donné la gravité de leur état, ils n’ont pu être interrogés ». L’Ouest-Eclair (ancêtre de Ouest-France) du 17-8-1927 titre « Collision de motos » idem pour « le Populaire » qui indique 3 blessés.

         

  • Une petite annonce patriotique.
    Dans le « Petit Journal » du 24 septembre 1915, on peut lire « Sage-femme partirait durée de la guerre pour soigner malades. Ecrire Peninon, Montamisé près de Poitiers ». Il s’agit de Léonie Auzuret (1885-1962) épouse de Jean Peninon (1879-1956), cultivateur à Montamisé. L’annuaire de la Vienne nous indique que Léonie Peninon était sage-femme à Montamisé en 1914 et pendant de nombreuses décennies, elle a été la sage-femme de Montamisé…

            

  • Nous terminerons par une note plus légère, avec le très sérieux Figaro du 28 août 1909 qui dans une rubrique intitulée « Enseignes amusantes » en faisant, sans doute, appel à ses lecteurs, nous livre une curieuse inscription montamiséenne : « Enfin une inscription logée dans le mur d’une maison de Montamisé, petit bourg situé près de Poitiers sur un monticule isolé dans une vaste plaine, donne en ses termes un utile conseil aux mauvais payeurs : « Qui intrat intus et non habet pecuniam egrediet foras », (celui qui pénètre ici et n’a point d’argent sortira dehors). On peut s’étonner que l’hôtelier ait cru devoir employer le latin pour un aussi banal avertissement. ».
    L’hôtelier a peut-être été inspiré par la proximité de l’église ? Quant à la description de Montamisé en 1909 sur « son monticule isolé dans une vaste plaine » cela fait assez poétique ?

        

Conclusion

Dans ce bref survol de la presse ancienne, qui ne prétend pas être exhaustif, nous voyons que le fait divers est le reflet de la vie et l’image d’une société. Le philosophe Roland Barthes, dans son étude sur le fait divers (Essais critiques, Seuil, 1964) « montre que celui-ci, en dépit de son aspect futile et souvent extravagant, porte sur des problèmes fondamentaux, permanents et universels : la vie, la mort, l’amour, la haine, la nature humaine, la destinée… Pour lui, le fait divers est une information totale ou plus exactement immanente. Il ne renvoie qu’à lui-même et à ce titre s’apparente à la nouvelle et au conte. »…

    

Sources

  • BNF Gallica presse numérisée
  • BNF « la presse à la une » étude de Daniel Salles du CLEMI (Centre pour l’Education aux Médias et à l’Information)
  • AD86 Etat-civil et recensement en ligne

       

Note sur le CLEMI : « Le CLEMI est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif. L'éducation aux médias et à l’information (ÉMI) permet aux élèves d'apprendre à lire, à décrypter l'information et l'image, à aiguiser leur esprit critique, à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie. L'ÉMI a également pour objectif d’accompagner la parole des élèves dans le cadre scolaire, pour les former à la responsabilité et à l’exercice de la liberté d’expression. L’essentiel de la formation de terrain, formation initiale et formation continue en éducation aux médias et à l’information, est pris en charge par les académies. »

       

        

Montamisé, le 10 septembre 2017

Article de Jean-François LIANDIER