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Histoire de la famille de Pérusse des Cars à Montamisé

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Introduction

Connue à travers des sources écrites depuis le XIe siècle, la maison de Pérusse des Cars compte au nombre des familles nobles les plus anciennement attestées. Au service des vicomtes de Limoges puis des rois de France, « Les Pérusse durent leur ascension à l’exercice de charges publiques prestigieuses et rémunératrices, à des choix judicieux d’alliances matrimoniales mais, surtout, au soin particulier qu’ils apportèrent à la gestion et à la transmission de leur patrimoine. » (1)

Nous nous intéresserons plus particulièrement aux « Montamiséens » et à leur environnement familial.

    

Les de Pérusse des Cars après la Révolution

« Louis-Marie de Pérusse des Cars, député de la noblesse de Limousin aux Etats généraux de 1789, émigra et fut fait lieutenant général des armées du roi. Il mourut en 1814 à Londres sans postérité. Son frère Jean-François de Pérusse des Cars, nommé en 1774 maitre de camp, commandant des dragons D’Artois, émigra également avec les princes en 1790 et remplit plusieurs missions diplomatiques, notamment en Suède et en Prusse. Il est l’auteur des Mémoires du duc des Cars. Rappelé à la cour de Louis XVIII à la Restauration, il fut créé duc à brevet en mars 1816 et mourut, également sans postérité en 1822, le titre s’éteignant avec lui. Le comté revint alors à la descendance de Louis-Nicolas de Pérusse des Cars, seigneur de Monthoiron, dont le fils François Nicolas René, fidèle du comte d’Artois, avait été nommé pair de France le 17 aout 1815. Son fils Amédée François Régis lui succéda et hérita de la pairie de son père ; le titre de duc personnel fut attaché à cette pairie en 1825. Amédée François Régis fut fait duc et pair héréditaire en 1830, mais les lettres patentes, préparées en juillet, ne purent être signées. Refusant le serment à Louis-Philippe, il retira sa demande de lettres et devint par la suite représentant du comte de Chambord en France. Amédée François Régis, 2e duc des Cars, épousa Augustine-Frédérique-Joséphine du Bouchet de Tourzel, qui lui apporta le château de Sourches (Sarthe) et acquit le domaine de La Roche-de-Bran (Vienne). Ses successeurs, tous ses descendants directs, portèrent le titre de duc des Cars,  « fondant sans doute la légitimité de leur titulature sur leur fidélité aux Bourbon et, si le Juge d’armes ne peut les reconnaitre, le célèbre Almanach de Gotha toujours aussi les a inclus dans les maisons ducales ». (1)

  

Les de Pérusse des Cars à Montamisé

Amédée François Régis de Pérusse des Cars est né le 30 septembre 1790 à Chambéry, fils de François Nicolas René et de Etiennette Charlotte Dorothée Emilie de Ligny. Il est le petit fils du célèbre marquis, seigneur de Monthoiron, Louis Nicolas de Pérusse des Cars qui accueillit sur ses terres les acadiens.

Il se marie le 25 juin 1817 à Abondant (28) avec Augustine Frédérique Joséphine du Bouchet de Sourches de Tourzel, ils auront six enfants.

Colonel aide de camp et gentilhomme d'honneur du duc d'Angoulême en 1814, il commandait en 1815 un corps de volontaires qui remporta quelques avantages à Montmirail pendant les Cent-Jours, et fut nommé maréchal de camp sur le champ de bataille. sous la Restauration.

Il participa à l'expédition d’Espagne en 1823, fut nommé commandant supérieur du quartier général à Madrid, et commanda la 2e colonne d'attaque à la prise du Trocadéro le 31 août 1823. Il fut promu lieutenant-général des armées du roi le 16 décembre 1823.

Il commanda la 3e division lors de la conquête de l'Algérie en juillet 1830. Lors de la chute de Charles X, il donna démission de tous ses emplois.

Il accompagna Charles X à Lullwort lors de la révolution de Juillet, et resta, jusqu'à sa mort, un des représentants autorisés du « comte de Chambord ».

Le 5 janvier 1828, Amédée François Régis de Pérusse des Cars achète pour la somme de 176 200 Francs à François Chazaud le château de la Roche de Bran à Montamisé.

L’exploitation de 716 ha comprend une dizaine de métairies, domaines et borderies. Il va dans un premier temps procéder au remembrement de ses propriétés. « Toutes les métairies sont détruites et entièrement reconstruites perfectionnées et réunies au domaine. A proximité sont installés des ateliers de forge, de menuiserie et de charronnerie que peuvent utiliser les cultivateurs du village. Les terres sont alors défrichées pour être cultivées et dès cette époque on construit un four à chaux. En 1829, le nouveau propriétaire crée à la Roche de Bran un élevage d’environ quarante-cinq chevaux…Il plante sur ses terres de nombreux arbres d’essences différentes, en particulier des cèdres dont il rapporte les plants de l’expédition d’Algérie de 1830… Dès 1835, lorsqu’apparaissent les premières « mécaniques » pour battre les céréales, le domaine en est pourvu…Tout est prévu par Amédée de Pérusse des Cars pour moderniser, mettre en valeur et rentabiliser le domaine afin d’en faire une exploitation modèle. Le duc résidant la plupart du temps à Paris, c’est grâce à ses excellents régisseurs, et particulièrement à un certain Fennebresque que la propriété devient florissante.

L’entreprise de M des Cars ne se limite pas à des activités économiques, son rôle social dans les environs de Montamisé est très important. Il installe ainsi dans la métairie de La Jouerie, trois puis quatre religieuses qui font l’école aux fillettes et soignent les malades du pays. Il fait construire une chapelle où la messe se dit une fois par semaine pour les gens des villages voisins.

Après cette gestion de vingt ans   particulièrement réussie, la terre de la Roche de Bran compte au total 916 ha fort bien exploités. » (2)

Amédée François Régis de Pérusse des Cars décède le 19 janvier 1868 à Cannes. Il reposait à l’origine dans l’église d’Abondant, en Eure-et-Loir, mais fut transféré au cimetière de St Symphorien (Sarthe), près du château de Sourches, lorsque le domaine familial d’Abondant fut vendu.

Son fils François Joseph de Pérusse des Cars, 3° duc des Cars, va hériter du domaine de la Roche de Bran.

Il est né le 7 mars 1819 à Paris, élevé chez les jésuites à Chambéry, il fait son droit à Paris, très croyant et pratiquant, il a pour confesseur l’abbé Dupanloup qui le marie le 18 juillet 1844 à Paris avec Elisabeth Eléonore de Bastard d’Estang, fille du comte Dominique François Marie de Bastard d’Estang, vice-président de la chambre des Pairs.

Il va continuer l’œuvre de son père et se montrer un « agriculteur éclairé », passionné par l’élevage des chevaux, « il ne dédaigne pas aller sur les foires en blouse paysanne discuter avec les marchands ».

François Joseph de Pérusse des Cars décède le 22 septembre 1891 dans son château de la Roche de Bran. Son épouse était décédée le 22 août 1886 dans ce même château.

Le couple aura trois enfants :

  • Marie Thérèse née le 15 octobre 1845 à Paris, mariée au marquis Henri Marie Auguste Ferron de la Ferronays
  • Albert François Philibert Auguste Louis né le 20 avril 1849 à Paris, quatrième duc des Cars, marié à Marie Thérèse Anne Lafond. Il hérite du château de Sourches sur la commune de St Symphorien (Sarthe), pour la petite histoire, c’est son fils François-Marie-Edmond de Pérusse des Cars (1875-1941) cinquième duc des Cars, marié à Marie-Thérèse Edwards qui « reçut l’ordre de réquisition de l’état français en 1939 afin de mettre à l’abri 400 des grands tableaux du Louvre, la tapisserie de Bayeux, les torchères de la galerie des glaces de Versailles, une partie de la collection David-Weill, etc. ». Dans leur postérité on trouve le romancier Guy de Pérusse des Cars (1911-1993) et son fils Jean né en 1943 (plus connu sous le patronyme Jean des Cars).

Le château des Cars dans la Haute-Vienne, berceau des origines de cette famille était au début du 16e siècle l’un des plus beaux châteaux de la région, il est aujourd’hui en ruines. Les vestiges du château et ses appartenances sont inscrits aux monuments historiques depuis 1982 ; les écuries ont été classées en 2012.

  

Sources :

  • (1) AD 87 Fonds des Cars (1247-an I) cote 1E1.
  • (2) Le Marquis de Pérusse des Cars un seigneur en Poitou au siècle des Lumières par Jacqueline Gagnaire et Claudine Pauly. Editeur : Association Monthoiron patrimoine, date de sortie : 01/03/2006.
  • AD 86 archives en ligne Etat-Civil.
  • Base de données généalogiques personnelles.

 

 

Montamisé, le 4 janvier 2017

Article de Jean-François LIANDIER