Accès directs


Histoire de Tronc

Image associée à l'article

Histoire du village de TRONC

    

Préambule

Mentionné depuis l’an 1000, Tronc parfois orthographié « Tron » fait partie des plus anciens villages de Montamisé. Aux portes de la forêt de Moulière, il a connu dans les dernières décennies, une grande extension urbanistique.

Prenons les sentiers de la mémoire pour le découvrir.

        

Toponymie

« Le nom du lieu est directement dérivé du mot latin « truncus » (= tronc d’arbre) pris ici dans un sens métaphorique. Le tronc désigne toute une forêt, défrichée au Moyen Age pour laisser la place à des champs et à un village de cultivateurs.

Cette figure de style qui consiste à parler d’une partie pour désigner le tout (le tronc pour la forêt) s’appelle une synecdoque. ». (2)

          

Tronc au fil du temps

« La "villa que dicitur Truncus" est citée pour la première fois vers l'an 1000. L'orthographe évolue en "Truns" puis en "Trons" en 1320. Outre la maison de Tronc ou « du Colombier », le village comprend plusieurs métairies, représentées sur le plan de 1728. Le 12 juin 1689 par exemple, Nicolas Fourestier, marchand chapellier, époux de Françoise Letard, vend à Pierre Brin, sergent royal, et Catherine Thevin son épouse, demeurant à Poitiers, une borderie située au village de Tron consistant en une chambre avec un grenier au-dessus, un toit à côté, et une petite grange avec un toit y joignant, confrontant à la métairie de la dame Panet. Le 23 août 1701, la succession de Mathurin Chevagnon, notaire à Montamisé, époux de Renée Brouard, comprend deux borderies au village de Tron. Plus tard, aux 19e et 20e siècles, l'activité économique du hameau repose sur un peu de viticulture, au sud, et sur la production de scieries mécaniques, exploitées jusque dans l'Entre-deux-guerres. Un four à chaux fonctionne aussi à Tronc entre 1893 et 1924 (parcelle F 213 du cadastre de 1817). Tenu par Arthur Pivardière, également propriétaire des scieries, il se trouvait dans la vallée sèche à l'ouest du hameau, et a été démoli en 1926. » (1)

Le manoir du Colombier

« La maison de Tronc appartient au début du 17e siècle à Thierry Maréchal, maître maréchal à Poitiers. Sa veuve, Marie Basseau, rend une déclaration roturière le 26 mai 1615 pour la maison et métairie de Tronc "avec ses appartenances de maisons, granges, tets, cours, entrée, issues, jardins, chènevière, arbres fruitiers et non fruitiers, terres, vignes et bois". Ses héritiers, René Dubois, maréchal, et Marie Panet son épouse, rendent une déclaration identique le 19 mai 1630. Le domaine passe ensuite à Antoine Alexandre, banquier, et Jeanne Trottin, son épouse. Ceux-ci le vendent le 13 février 1651, devant Joanne et Barraud, notaires à Poitiers, à Josué Trottin, chirurgien, et Madeleine Dauzy son épouse. Le 31 août 1666, la maison est saisie sur ces derniers, pour dettes, et acquise par Jacques Lesecq, seigneur de Boidevalle, bourgeois de Paris, pour 6000 livres. Lesecq en fait ensuite donation à Jean Duflos, sieur de la Thibaudière, le 30 janvier 1685. Au début du 18e siècle, la maison de Tronc change encore plusieurs fois de propriétaire. Le 11 avril 1723, Jacques Peyrault, seigneur de la Chaise, demeurant à Poitiers, la vend à Jean Ojart, marchand à Poitiers, et à son épouse Denise Ferrand. Le domaine comprend alors, outre la maison de Tronc, la métairie située au nord-ouest, le colombier, un clos de vignes renfermé de murs, un jardin proche la maison aussi renfermé de murs, un petit bois taillis appelé la Gacheterie, des prés, des terres, ainsi que des tonneaux et des barriques. Trois ans plus tard, le 26 octobre 1726, Denise Ferrand, veuve Ojart, revend le domaine de Tronc à Messire Charles Fouqueteau, écuyer, seigneur de Mortier, conseiller du roi, échevin de Poitiers, y demeurant paroisse Saint-Cybard. La métairie est alors exploitée par Mathurin Touffou et Jeanne Sabourin son épouse. En 1817, selon le cadastre, le domaine est la propriété du sieur Grua, de Poitiers. Il le revend dans les années 1840 à M. Guédon-Girault qui reconstruit le logis en 1849. » (1)

         

Mémoire des hommes qui ont marqué le village

Pour cela, utilisons les recensements de la population qui nous donnent de précieux renseignements sur les vieilles familles de Tronc. Nous ne pourrons donner que quelques exemples, la liste serait trop longue… Les recensements combinés avec l’état-civil des AD sont très utiles aux généalogistes.

En 1841, citons :

  • Foussard Jacques (propriétaire cultivateur), marié à Marie Massé, ils ont quatre enfants.
  • Laurendeau Pierre (fermier) marié avec Louise Laverré (+ 1841), puis avec Richard Armande Françoise en 1845.
  • Bernard Antoine (fermier) marié avec Radegonde Perruchon, ils ont trois enfants.
  • Pivardière Jean (maçon) marié le 27-4-1841 à Montamisé avec Radegonde Bernard (couturière), ils habitent chez les parents de l’épouse à Tronc (Bernard Jean et Gourdeau Radegonde).
  • Vaudeleau Etienne (journalier) marié avec Jeanne Girard, ils ont cinq enfants.
  • Dardenne François (journalier) marié avec Louise Laurendeau, ils ont quatre enfants.

           

En 1846 citons :

  • Pineau Jean (équarisseur puis scieur de long en 1851) 43 ans marié à Julie Gervais (48ans), ils ont quatre enfants. En 1851 son fils Henry sera également scieur de long.
  • Neveu Jean (cultivateur) 37 ans marié à Marie Maître 37 ans, ils ont deux enfants.

         

En 1851 citons :

  • Laverré Louis (cultivateur) 38 ans, marié à Modeste Guillon, six enfants sont recensés. Ils sont les arrière grands-parents de Robert Laverré de Charassé, figure bien connu des montamiséens.
  • Vaudeleau Pierre (cultivateur) marié à Louise Beaudeau, trois enfants recensés. Ils auront une nombreuse descendance montamiséenne…

        

En 1872 citons :

  • Brimaud Jean (cantonnier) marié à Radegonde Audinet, ils ont trois enfants.

        

En 1901 citons :

  • Pinaud Adrien Henri (marchand de bois) marié à Joséphine Mathé, deux enfants, dont Achille né en 1892 qui sera plus tard  marchand de bois et Solange Bérengère née en 1897.
  • Pineau Ferdinand (maçon) marié avec Augustine Audinet, ils auront cinq enfants. Parmi eux, Robert Achille né en 1913 qui sera conseiller municipal de Montamisé de 1977 à 1983 et très investi dans la vie sociale de la commune.
  • Pivardière Arthur (marchand de bois) marié avec Henriette Pineau (épicière), ils auront cinq enfants. Une famille bien connue des montamiséens…
  • Neveu Victor (cultivateur, marchand de bois) marié avec Marie Michaud, ils auront une très nombreuse descendance…

      

En 1906 citons :

  • Bernier Charles (fabricant de caisses) marié avec Berthe Bauzier, au décès de son épouse en 1924, il se remariera avec Pivardière Joséphine Mathilde en 1926 à Montamisé. Il est le grand-père de Bernard Jean Charles Bernier (marchand de bois et fuel) marié à Claudette Andrée Lebeau, famille bien connue des montamiséens…

           

En 1921 citons :

  • Bernier Eugène et Charles, fils de Charles (employés de scierie). Pinaud Adrien (marchand de bois scierie mécanique). Pinaud Achille (menuisier). Pivardière Henriette (épicière). Roy Jean (cocher chez le comte de Murard). Boutet Yvonne (fleuriste artificielle). Bertrand Marie (marchande de volailles). Martin François (tailleur de pierre). Maillet Sylvain (négociant, chiffonnier).

         

En 1954 citons :

  • Herbaud Louis (cantonnier) marié à Marie Louise Delhomme, avec ses fils Yvon et Donat (bûcheron). Donat Herbaud épousera le 17-11-1954 à Poitiers Colette Barriteau, ils viennent récemment de fêter leurs noces de diamant.
  • Boutet Louis (bouilleur ambulant) marié avec Blanche Yvonne Baufreton, son fils Roland, né en 1915 est aussi bouilleur ambulant.

         

Recensement et démographie de Tronc

Années

Tronc

Nb de Maisons

Tronc

Nb d’Individus

Montamisé

Population totale

1946

48

133

769 (municipale)

1936

50

155

865 (municipale)

1931

50

149

824 (municipale)

1926

46

143

880 (municipale)

1921

49

159

910 (municipale)

1911

52

161

930 (municipale)

1906

55

157

984 (municipale)

1901

54

153

987

1896

52

171

993

1891

53

168

1030

1886

49

172

1130

1881

53

160

1142

1876

47

149

1061

1872

45

153

898

1866

46

157

1002

1861

47

167

1034

1856

50

191

983

1851

48

172

977

1846

40

160

935

1841

Non indiqué

146

905

1836

Non indiqué

Non indiqué

846

      

Rue du Grand Chêne, rue de Quioc, rue des Sables, allée et impasse de Tronc, route de la Forêt etc… un puzzle de noms évocateurs qui forment un village, des chemins forestiers qui invitent à la randonnée. Tronc, un village aux multiples paysages, où il fait bon vivre.

        

Sources :

  • (1) Inventaire du patrimoine de la CAP, Yannis Suire, 2006.
  • (2) « Origine des noms de villes et villages dans la Vienne » de JM Cassagne et Mariola Korsak (éditions Bordesoulles).
  • Dictionnaire topographique de la Vienne de Louis Redet.
  • AD 86 Archives en ligne : Registres paroissiaux et d'état civil et recensement de la population.
  • Archives départementales de la Vienne 3 E 21. 1262-1749 : titres de propriétés à Montamisé.
    Archives départementales de la Vienne 4 E 23/136. 1723, 11 avril : vente de la maison de Tron par Jacques Peyrault, seigneur de la Chaise, à Jean Ojard et Denise Ferraud.
    Archives départementales de la Vienne G 1208, chapitre de Notre-Dame-la-Grande, seigneurie de Montamisé. 1611-1647 : déclarations roturières rendues pour des domaines à Montamisé. (1)

         

        

Montamisé, le 1er décembre 2014

Article de Jean-François LIANDIER