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Histoire du village de Mortier

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Préambule

La commune de Montamisé s’étend sur une superficie de 3275 ha, autour de son bourg, neuf villages la composent dont celui de Mortier. Partons sur les sentiers de la mémoire, à la découverte des femmes et des hommes qui ont fait ce village…

      

Toponymie de Mortier

« Ce toponyme est assez courant en France. Dérivé du latin mortarium (boue) il désigne généralement un endroit très humide, voire marécageux. Le mot a été également utilisé dans les campagnes à propos des petites mares servant d’abreuvoir l’hiver et asséchées durant l’été Dans certains cas cependant, il peut signaler la présence d’un gisement de sable, exploité dès le Moyen-âge ; il fait alors référence au mortier, mélange de chaux éteinte et de sable délayés  dans de l’eau…» (2)

        

Mortier au fil du temps

« Le hameau de Mortier s'organise autour du domaine du même nom, ancien fief relevant de l'abbaye de Saint-Hilaire-de-la-Celle de Poitiers. Un certain Gauffredus de Morteriis est cité en 1162. Mortier est ensuite plusieurs fois mentionné au cours du Moyen-âge. Les 8 février 1487 et 25 juin 1494, Charles Bonnaud, bourgeois et marchand à Poitiers, bientôt maire de cette ville, rend aveu de « l'hôtel de Mortier » à Guillaume Roger, abbé de Saint-Hilaire-de-la-Celle. Dans l'aveu de 1487, il déclare avoir fait bâtir à Mortier « un logis garni de granges, étables et autres bâtiments ». Il s'agit probablement de l'actuel manoir, dont plusieurs éléments datent de cette fin du 15e siècle. L'aveu de 1494 mentionne en plus la garenne qui entoure le domaine, et le pigeonnier ou « fuye ». En 1488, son domaine est érigé en fief, avec droit de fuie et de garenne. Un autre aveu est rendu pour Mortier en 1532 par Jacques Gabois.
Une confusion existe dans les sources avec le fief de la Grimoardière, localisé à Mortier, et dépendant de la Tour Maubergeon de Poitiers. Plusieurs aveux sont rendus pour ce fief à partir du 15e siècle, par exemple le 24 juillet 1415 par Pierre Grimoard le Jeune, époux de Jeanne de Mazé, "pour son domaine de la Grimoardière, situé à Mortier", auquel sa famille semble avoir donné son nom. D'autres aveux sont rendus en 1489 par Charles Bonnaud, déjà propriétaire du fief de Mortier, puis les 1er mars 1564 et 25 septembre 1580 par Guillaume de la Fuye, procureur au présidial de Poitiers. Le fief de la Grimoardière se confond ensuite avec celui de Mortier. Peut-être faut-il voir dans cette fusion le transfert à la fin du Moyen Age, affirmé aujourd'hui encore par la tradition orale, entre un ancien fief situé, dit-on, à l'actuel 7 allée de la Guimarderie (parcelle BB33), et celui construit à l'actuel 41 rue de Mortier (parcelles BB 56 et 57) ?
En tout état de cause, au milieu du 17e siècle, Pierre Rousseau, trésorier de France à Poitiers, est à la fois sieur de Mortier, comme avant lui son beau-père, Simon Le Blanc, président en l'élection de Poitiers, et détenteur du fief de la Grimoardière pour lequel il rend un aveu le 16 juin 1636. Vingt ans plus tard, le 29 septembre 1656, Marie de Brilhac, femme de Louis Rousseau, sieur de La Salle, trésorier de France au bureau des finances de Poitiers, seigneur de Mortier, est la marraine d'une nouvelle cloche de l'église de Montamisé. Peu après, Mortier et la Grimoardière échoient à la famille Foucqueteau, originaire de Montamisé. Un aveu est en effet rendu le 15 octobre 1669 par Pierre Fouqueteau, seigneur de Mortier et de la Grimoardière, époux de Florence Ragonneau, docteur-régent en la faculté de médecine de Poitiers. Son fils Charles Fouqueteau (+ 1740), avocat en parlement, échevin de Poitiers, époux de Marie Richard, lui succède comme seigneur de Mortier et rend aveu en 1691 pour le fief de la Grimoardière. Après lui viennent son fils Pierre-Charles (1686-1760), seigneur de Mortier et de la Grimoardière, échevin de Poitiers, époux de Marie-Radegonde Chauvet, puis leur fils, Charles-René (1723-1751), seigneur de Mortier, échevin de Poitiers. Sa veuve, Louise Drouault rend hommage du fief de la Grimoardière le 23 août 1764, et est la marraine d'une nouvelle cloche à l'église de Montamisé en 1769. Un autre aveu est enfin rendu le 11 février 1775 par leur fils, Charles-Aimé Fouqueteau dit « de Mortier » (1749-1816), seigneur de Mortier et de la Grimoardière, président-trésorier de France.
A la suite de l'émigration de Charles-Aimé Fouqueteau de Mortier, qui combat dans les armées vendéennes, le domaine est saisi comme bien national puis vendu les 12 prairial an II (31 mai 1794) et 6 ventôse an III (24 février 1795). Il est acheté pour moitié par Jean-Joseph Pavie l'aîné, négociant à Poitiers, époux de Rose-Madeleine Partenay, et pour une autre moitié par Pierre Boisson, architecte à Poitiers, époux de Radégonde-Elisabeth Pavie (
beau-frère du premier). Pavie rachète sa moitié à Boisson le 23 décembre 1807… » (1)

« Le 26 mai 1827, devant Bonnin notaire à Poitiers, Jean-Joseph Pavie l'aîné, ancien négociant, et Rose-Magdeleine Partenay son épouse, demeurant rue des Hautes treilles à Poitiers, vendent à Jean-Baptiste-Honoré Belliard, propriétaire, et Hélène-Laure Pavie son épouse, demeurant à Mortiers, un domaine appelé Mortiers et toutes ses dépendances consistant en maison de maître, trois métairies, bâtiments pour l'exploitation, cours, jardins, prés, vignes, enclotures, bois, garenne, terres labourables et non labourables, tel qu'en ont joui François Guérin, cultivateur, et Marie-Jeanne Boisseau son épouse, en qualité de fermiers. La vente est faite moyennant 36000 francs.
Une moitié de ce domaine appartient aux vendeurs en vertu de quinze procès-verbaux d'adjudication faite à leur profit et à celui de Pierre Boisson par les administrateurs du département de la Vienne, les 12 prairial an II et 6 ventôse an III. A la première date, l'adjudication portait sur les anciennes dépendances dudit domaine qui avaient été confisquées à M. Fouqueteau des Mortiers, émigré. A la seconde date, l'adjudication portait sur trois pièces de terres labourables et un pré appelé le pré Ribaton, confisqués sur M. Mayault, émigré.
L'autre moitié a été achetée le 23 décembre 1807, devant Bourbeau notaire à Poitiers, à Pierre Boisson, architecte, et Radegonde-Elisabeth Pavie son épouse, demeurant à Poitiers, pour 8493 francs et une rente viagère de 600 francs. Les Boisson en étaient propriétaires selon les mêmes procès-verbaux d'adjudications que ci-dessus.
Le 29 septembre 1875, devant Cesbron, notaire à Poitiers, Jean-Baptiste-Honoré Belliard, propriétaire du manoir voisin de Mortier, demeurant rue du Petit séminaire à Poitiers, et son épouse Hélène-Laure Pavie, vendent à Joseph, Maurice et Alexandre Thomas, frères, cultivateurs à Mortiers, des immeubles distraits du domaine de Mortiers, et formant la ferme situées aux parcelles G2 44 à 48 (cadastre de 1817), actuels 25, 27 et 29 rue de Mortiers. Parmi ces biens figure une portion à prendre au nord dans la pièce de terre en labour dite « de la fuie » (nord de la parcelle 48), séparée du reste de la parcelle par une ligne qui inclut dans la vente le colombier ou fuie qui y est construit (parcelle 47). L'acte de vente précise que les murs de la fuie devront être abaissés à un mètre au-dessus de ceux du jardin de Belliard, et la porte qui donne sur le jardin, à l'est, sera murée. »(1).

         

Mémoire des hommes qui ont marqué le village

La famille Fouqueteau de Mortier (voir son histoire dans la rubrique « Histoire » de notre site internet)

Jean Baptiste Honoré Belliard

Il est né le 15 pluviôse an VII (3 février 1799) à Gourgé (79), fils de Pierre Augustin Belliard, propriétaire, et Marie Julie Esquot. Il se marie le 22 octobre 1821 à Poitiers avec Hélène Laure Pavie (née le 12-12-1803 à Poitiers, décédée le 27-12-1882 à Poitiers) fille de Jean Joseph Pavie dit l’aîné (1754-1828) et Rose Madeleine Partenay (1771-1852). Jean Joseph Pavie a  pour sœur, Rose Elisabeth Pavie née le 27 avril 1752 à Poitiers, paroisse St Porchaire, celle-ci épousera Pierre Boisson.
Lors du mariage de sa fille, Jean Joseph Pavie est qualifié de « banquier » et sur son acte de décès de « négociant » et JBH Belliard de propriétaire.
Ainsi par la généalogie, on voit les liens familiaux entre les Pavie, Boisson et Belliard, les affaires se font en famille…
JBH Belliard sera nommé, par le Préfet, Maire de Montamisé le 26 septembre 1830 et va le rester jusqu’en 1852.

La famille Thomas

Nous avons vu qu’en 1875, JBH Belliard vend une partie du domaine de Mortier aux trois frères, Joseph, Maurice et Alexandre Thomas, cultivateurs à Mortier.
Ils sont les fils de Jean Thomas (1784-1857) et de Madeleine Fichet (1795-1862), cultivateurs à Mortier.
Joseph (1824-1911) s’est marié avec Marie Anne Rat (fille de Joseph Rat et Marie Anne Tireau).
Maurice (1827-1897) s’est marié avec Madeleine Joséphine Bourguignon (fille de Joseph Bourguignon et Jeanne Moine).
Alexandre (1831-1905) est célibataire.

La famille Laverré

Autre famille très présente sur Mortier, notamment François Laverré marié à Louise Rat et son frère Jean Laverré (1828-1914) marié à Françoise Thomas (1830-1913), celle-ci est la fille de Jean Thomas et Madeleine Fichet, là encore nous voyons les liens qui unissent les deux familles Thomas et Laverré…

         

Recensement et démographie de Mortier

Années

Mortier

Nb de Maisons

Mortier

Nb d’Individus

Montamisé

Population totale

1946

8

33

769 (municipale)

1936

8

39

865 (municipale)

1931

8

33

824 (municipale)

1926

8

34

880 (municipale)

1921

8

36

910 (municipale)

1911

7

35

930 (municipale)

1906

8

35

984 (municipale)

1901

8

36

987

1896

8

35

993

1891

9

34

1030

1886

5

37

1130

1881

7

43

1142

1876

5

37

1061

1872

4

37

898

1866

4

31

1002

1861

4

36

1034

1856

4

32

983

1851

4

28

977

1846

4

25

935

1841

Non indiqué

22

905

1836

Non indiqué

Non indiqué

846

Mortier a su garder son aspect rural, un peu à l’écart de la grande route, petit village près des bois, petit village près des plaines et des champs, nul doute que ses habitants, aiment ce village aux multiples visages…

      

Sources :

  • (1) Inventaire du patrimoine de la CAP, Yannis Suire, 2006.
  • (2) « Origine des noms de villes et villages dans la Vienne » de JM Cassagne et Mariola Korsak (éditions Bordesoulles).
  • Dictionnaire topographique de la Vienne de Louis Redet.
  • AD 86 Archives en ligne : Registres paroissiaux et d'état civil et recensement de la population.
  • Archives communales, registres des délibérations.
  • Image issue de Google Earth

 

Montamisé, le 11 mars 2014

Article de Jean-François LIANDIER