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Historique du Grand Prix Cycliste de Montamisé

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Préambule

Une belle page du cyclisme amateur s’est ouverte, en 1955, avec la première édition du « Grand Prix Cycliste de Montamisé », celui-ci est devenu un évènement sportif dans la région et un succès populaire lié à la traditionnelle fête communale, héritière de la « fête de la Loue » et de la « foire de la Sainte Quitère ». C’est ici, l’occasion de rendre hommage à toute une équipe de bénévoles dont le dévouement, passé et présent, permet la réussite de cette fête annuelle.

Cet historique a toute sa place dans l’histoire de notre commune, il reprend pour l’essentiel, les informations du numéro spécial du bulletin communal, paru lors du cinquantenaire du « Grand Prix Cycliste ». La dimension d’internet, mettra sa connaissance, à la portée d’un « clic », bien au-delà de nos « frontières » !

              

Historique du Grand Prix Cycliste de Montamisé

« Dans les années d’après-guerre Montamisé comptait un très bon coureur cycliste, Francis Jolliet, qui devint champion du Poitou amateur en 1950. Il était voisin de Monsieur Gilbert Amand, le boucher, passionné de cyclisme qui suivait ses courses et l’encourageait. Mr Gilbert Amand avec quelques habitants de la commune : Pierre Jovanneau, Roger Pivardière, François Halleux et quelques autres décidèrent alors d’organiser une course cycliste l’après-midi de l’Assemblée Annuelle. Malheureusement Francis Jolliet ne connut pas la joie de remporter sa course.

Pour la première organisation en 1955, le conseil municipal inscrivit au budget une somme de 20000 francs et  l’organisation de l’épreuve fut confiée à l’U.V.P. Le premier vainqueur, du Grand Prix, Pierre Beuffeuil, le second Phelippeau et le premier des 3 et 4, Kléber Guéry reçoivent les gerbes de mesdemoiselles Boutet et Masteau.

En 1969 à la suite du retrait des membres créateurs, le quatorzième Grand Prix fut sauvé par l’ASPSM-Football et en particulier son président  Monsieur Yvon Guignard qui avec quelques bonnes volontés pu organiser cette course qui était devenue une épreuve très populaire.

Le Comité de Gestion de la Course Cycliste de Montamisé s’est constitué lorsqu’Yvon Guignard prit la décision de se retirer. Il a été enregistré à la Préfecture le 5 mars 1970, sous le N°4732. Le premier président fut Henri Pineau, entouré d’une solide équipe. L’organisation technique de la course fut alors confiée au CYCLE POITEVIN…

En 1981, après le décès d’Henri Pineau, Guy Bertrand devint président et le resta jusqu’en 1984, année où Claude Perrotin lui succéda (voir son portrait ci-dessous). Entré dans le comité dès sa création, celui-ci allait rester à sa tête jusqu’en 1992. Son expérience et sa notoriété dans le milieu cycliste constituèrent un atout indéniable pour Montamisé.

En 1989, le trente cinquième Grand Prix, qui se déroula cette année le 4 juin, servit de cadre au Championnat Régional Poitou-Charentes. Près de 3000 spectateurs ont suivit cette course, et parmi la foule deux invités d’honneur de cette manifestation : Joop Zoetemelk et Jean-Pierre Danguillaume.

En 1992, après 22 années au sein du Comité, dont huit à la présidence, Claude Perrotin passe la main à Bernard Berquin, vice-président depuis 1984. Après huit années passées dans la roue de Claude Perrotin, il a œuvré pour conserver à cette course son haut niveau, à une époque où beaucoup d’épreuves disparaissent. Il connaissait bien le milieu du cyclisme à travers la compétition puis son rôle d’éducateur au Cycle Poitevin, et il a beaucoup donné pour l’organisation du grand Prix. Il a mis sur pied le dîner dansant du samedi soir, la veille de la course.

En 1997, Montamisé a, une nouvelle fois, été choisi pour héberger le Championnat Régional. Trois courses se sont déroulées pendant le week-end, un public nombreux a suivi la course « Elite »le dimanche après-midi.

La quarante sixième édition du Grand Prix, en 2000 a été marquée par un changement. Pour relancer l’épreuve et présenter un plateau plus étoffé, Bernard Berquin avec le concours de Gérard Vivet a décidé de jumeler la course avec une autre organisée la veille à Ligugé. Le « Challenge des Boucles de la Vienne » a permis d’enregistrer 80 coureurs au départ de sa première édition.

Après huit années de présidence, Bernard Berquin passe le relais à Robert Rolshausen en 2001. Ce dernier n’y restera que deux ans pour laisser la place à Jean-Marie Boutin en 2003. »

               

Portrait du quadruple vainqueur de l’épreuve : Claude Perrotin

« Claude est né le 10 mars1939 au Boupère en Vendée, et c’est après la guerre que ses parents se sont installés à Montamisé, au Petit-Nieuil. Le vélo est son loisir préféré et il découvre la compétition grâce à Francis Jolliet, un montamiséen qui brille sur les routes régionales et sera sacré champion du Poitou en 1950.Monsieur Amand, le boucher de Montamisé, un passioné de cyclisme, l’entraîne suivre les courses de Francis Jolliet. Il est le supporter enthousiaste et rêve de compétition. En 1955, il est spectateur du premier Grand Prix de Montamisé et on l’aperçoit en arrière plan sur la photo de remise de la gerbe au vainqueur.

A 17 ans, il peut s’acheter un vélo de course et prend sa première licence à l’UVP. Première course et première victoire à Fleuré, la première d’une longue série. A l’époque, si les courses étaient plus nombreuses, les déplacements étaient difficiles, et on était contraint de choisir les plus proches quitte à se frotter « aux gros bras ». C’était une excellente façon de progresser, puisque deux plus tard, il devient champion du Poitou amateur.

A 20 ans, il doit quitter le peloton pour effectuer son service militaire en Algérie. C’est évidemment une période douloureuse, qu’il évoque toujours avec amertume, mais de retour de son service, il reprend place dans le peloton avec la même volonté de vaincre.

Claude possédait toutes les qualités du grimpeur. S’il paraissait fragile, il bénéficiait en réalité d’une santé exceptionnelle et ne se souvient pas avoir été malade en 30 ans de carrière.

Il suit les conseils d’Armand Lelli de Dédé Voyé, mais surtout il travaille énormément pour compenser son manque relatif de puissance. Par sa volonté, son courage à l’entraînement (et bien sur en course), il parvient à devenir un coureur complet, rouleur et sprinter, parmi les meilleurs français.

Pourquoi n’est-il pas passé pro ? Il a souvent côtoyé et même devancé les professionnels en course, mais il a considéré que ses moyens ne lui permettaient pas de s’imposer dans ce milieu. Crainte ? Sagesse ?, c’était son choix et ne l’a jamais regretté. Son palmarès très fourni laisserait penser qu’il s’est peut-être mésestimé. Car il avait la classe d’un pro.

En 1969, il est sélectionné pour le tour de l’Avenir dans l’équipe « Centre », aux côtés de Yves Hézard, Mariano Martinez et Bernard Thévenet. Il en garde un très bon souvenir, qui atténue son regret de n’avoir pu décrocher un titre de champion de France ou il se classe quatrième en 1966 et troisième en 1967.

Victorieux en Bretagne, en Normandie, en Limousin, en Bourgogne, dans le Lyonnais et bien sur le Sud-ouest, il compte près de 300 victoires à son palmarès.

Il forma avec Claude Gabard, Daniel Barjolin, et Claude Vallée un quatuor redouté. Ils assuraient un spectacle de qualité, car ils avaient le respect du public. La période 1960-1970 restera pour le Comité Poitou-Charentes un des temps forts de son existence par le nombre et la qualité des succès ainsi que par la façon dont ils furent acquis.

Il a triomphé en solitaire, au sprint, il a gagné des contre la montre. Il a connu quatre clubs : l’UVP pendant 15 ans puis Saint Eloy les Mines, le Cycle Poitevin et le CA Civray. »

Son palmarès :

  • Champion du Poitou des Sociétés (UVP) 1958 et 1962
  • Champion du Poitou des amateurs en 1958
  • Champion du Poitou des indépendants en 1966
  • Vainqueur du tour de Corrèze, du tour de l’Yonne, du tour du Béarn
  • Vainqueur des Boucles du Bas Limousin, du circuit de Gâtine, de l’étape Ussel-Guéret du tour du Limousin
  • Vainqueur du prix de Cosne sur Loire, du prix d’Yffiniac, des deux jours de Poitiers, du prix de Poitiers contre la montre (deux fois)
  • 4° du championnat de France des indépendants en 1966 et 3° en 1967
  • 2° de Bordeaux-Bayonne, du circuit du Bocage à deux reprises, du tour de l’Yonne
  • 3° de la Poly Lyonnaise derrière Gutty et Thévenet
  • Participation au tour de l’Avenir en 1969 dans l’équipe Centre
  • Victorieux de critérium pro à St Junien, Egletons, Meymac, St Thomas de Conac, Lavaleix les Mines.

Sources :

Articles écrits par Michel Aigret dans un « bulletin des anciens coureurs de la Vienne », Robert Plumereau pour « Centre-Presse » et Louis Houdayer pour « Pays de Loire Cyclisme », Bulletin communal spécial du cinquantenaire du Grand Prix Cycliste de Montamisé 2004 ».

               

Le Grand Prix en quelques chiffres

« Les victoires en solitaire :

Pierre Beuffeuil (1955), Claude Gabard (1960), Jean-Pierre Andrault (1964), Gilles Genet (1968), Claude Perrotin (1970), Jacky Hélion (1973), Christian Vidal (1976), Jacky Troyard (1978), Raymond Perrin (1979), Dominique Landreau (1983), Philippe Mondory (1988), Jean-Christophe Currit (1991), Vincent Cali (1995), Hayden Roulston (2002).

Le plus petit nombre d’engagés : 1977 avec 17 partants seulement.

Le plus grand nombre d’engagés : 2003 avec 171 engagés et 99 arrivants ce qui constitue également un record.

Le parcours le plus long : 1971 avec 177 kms.

Le parcours le plus court : 1985 et 1993 avec 100 kms.

L’écart le plus important entre le premier et le second : 1995, Vincent Cali gagne avec presque 3 minutes d’avance sur le second Bassy.

L’échappée victorieuse la plus longue : 1972 Lucien Saumur gagne après une échappée de plus de 100 kms.

L’arrivée au sprint du peloton en 2000 avec la victoire de Marek Lesnewski.

Le record de victoires : Claude Perrotin et ses quatre victoires (1965, 1966, 1970,1971).

A noter les doublés de Michel Grain (1974 et 1977), Lucien Saumur (1972 et 1975), Philippe Mondory (1988 et 1990) et Philippe Escoubet (1992 et 1993).

             

Palmarès du Grand Prix de Montamisé

Télécharger le palmarès

              

Hommage aux bénévoles

Sans eux, rien ne saurait possible, les responsables de l’association, les organisateurs techniques, les signaleurs qui assurent la sécurité sur le parcours, tous ceux qui donnent un peu de leur temps pour la réussite de cette fête du cyclisme.

« Le bénévolat, c’est l'art de la gratuité du cœur, du geste et du temps »

        

Montamisé, le 6 mai 2013

mis à jour le 22 mai 2018

Article de Jean-François Liandier