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Hommage à Andrée Choffat

     

Préambule

Les Montamiséens qui assistent le 15 août, à la commémoration des combats de la Roche de Bran connaissent son nom qui figure sur la stèle des Martyrs. Epouse du lieutenant Choffat, elle sera déportée au camp de concentration de Ravensbrück, elle n’en reviendra pas.

     

Sa situation familiale

Andrée, Mathilde, Marguerite Faucher est née le 21 juin 1918 à Parthenay, fille de Paul, Edouard, Germain Faucher, employé aux chemins de fer et Séraphine, Charlotte Jarry.

Un drame va bouleverser sa jeunesse, elle n’aura pas le bonheur de connaître son père, soldat au 72° RI, tué à l’ennemi, « Mort pour la France » le 21 juillet 1918 aux combats de Villemontoire dans l’Aisne. Elle sera adoptée comme « Pupille de la Nation » par un jugement du tribunal de Parthenay en date du 4-11-1919.

Sa mère épousera en secondes noces Jean-Baptiste Labrousse, domiciliée à Chasseneuil-du-Poitou où elle exerce la profession de boulangère.

Andrée Faucher se marie le 2 août 1937 à Chasseneuil-du-Poitou avec Oscar, Aristide, Paul Choffat, chef mécanicien, né le 12 septembre 1908 à Soubey, hameau du Chaufour, dans le canton du Jura Suisse.

     

Les tragiques évènements de la Roche de Bran (14-15-17 août 1944)

Nous vous invitons à consulter sur le site internet de Montamisé, l’histoire de ces combats.

Madame Andrée Choffat qui se trouvait au château avec Mme de la Grandière (veuve de Louis de Murard) sera emmené par les soldats de la Kriegsmarine, ainsi qu’Isabelle et Geoffroy de Murard à la prison de la Pierre Levée à Poitiers…

Mme Choffat va être condamnée à la déportation, elle fera partie du convoi de 190 femmes, partit de Belfort le 1 septembre 1944 à destination du sinistre camp de concentration de Ravensbrück.

  

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Le camp de Ravensbruck

Ravensbrück est un village d'Allemagne situé à 80 km au nord de Berlin. De 1938 à 1945, le régime nazi y établit un camp de concentration spécialement réservé aux femmes et dans lequel vécurent aussi des enfants…Le camp fut libéré le 30 avril 1945 par les troupes soviétiques.

A Ravensbrück, elle porte le numéro matricule 62938, et se trouve affectée dans le « Kommando Beendorf ».

« Dans certains de ces kommandos, les conditions de vie sont particulièrement pénibles. C'est le cas, par exemple, à Beendorf où les ateliers sont installés entre 600 et 800 mètres sous terre dans d'anciennes mines de sel »

Vous trouverez  dans le document « Mémoire Vivante », bulletin de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, l’histoire de ce camp de Ravensbrück.

Par arrêté du directeur général de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre en date du 2 juillet 2012 :

I.  La mention « Mort en déportation » ainsi que les rectifications des dates et lieux de décès sont portées sur les jugements déclaratifs de décès de :

« Choffat, née Faucher (Andrée, Marguerite, Mathilde) le 21 juin 1918 à Parthenay (Deux-Sèvres), décédée le 7 mars 1945 à Ravensbrück (Allemagne) et non fin janvier 1945 à Ravensbrück (Allemagne). » (1)

Son souvenir est gravé sur trois monuments aux morts :

  • Montamisé sur la stèle des martyrs de la Roche de Bran,
  • Migné-Auxances sur la plaque commémorative du monument des carrières des Lourdines (à noter une erreur d’orthographe sur son patronyme),
  • Chasseneuil-du-Poitou sur la plaque des déportés du monument aux morts.

     

Ne jamais oublier

« Ce monde d’horreur était un monde d’incohérence : plus terrifiant que les visions de Dante, plus absurde que le jeu de l’oie. »
En une phrase, Germaine Tillion avait résumé le camp de Ravensbrück.

L’importance du témoignage des rescapés, de cet univers concentrationnaire, pour l’histoire comme pour la formation des consciences des jeunes générations est primordiale.

Devant la barbarie, le fanatisme, chaque citoyen, doit faire sien ce credo d'Albert Camus : "La vertu de l'homme est de se maintenir en face de ce qui le nie."

       

Sources

  

  

Montamisé, le 5 octobre 2015

Article de Jean-François LIANDIER