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Hommage aux fusillés de la Roche de Bran

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Préambule

Chaque 15 août, les Montamiséens, les familles et amis des fusillés de La Roche de Bran se souviennent de leur sacrifice. Faire connaître ces combattants de l’ombre, c’est leur rendre hommage, un devoir de mémoire de notre communauté.

Sept noms sont gravés dans la pierre de la stèle plus celui de Mme Andrée Choffat morte en déportation (un article lui a été consacré sur notre site).

Ces maquisards faisaient partie du maquis « Anatole », commandé par le capitaine Bonvalet Ludovic.

      

 ALBERT Louis, Honoré, Adrien (nom de guerre « Antonio ») « Mort pour la France »

Il est né le 22 mai 1921 à Gençay (86), fils d’Albert Honoré, Joseph, Félix, cultivateur et Venin Louise, Lucie, Marguerite.

Mort fusillé le 17 août 1944 à La Roche de Bran.

Un article de la NR du 7-8-1948 nous apprend les circonstances de sa mort :

« Le 17 août après-midi au retour d’une expédition contre le maquis de Savigny-Lévescault, où ils avaient subi de lourdes pertes, les allemands par représailles se mettaient en devoir d’incendier le château, après l’avoir au préalable, consciencieusement pillé. Ce jour là un jeune FFI Louis ALBERT de Gençay, envoyé en reconnaissance par son groupe, était pris et fusillé aussitôt, dans un boqueteau, près du château. »

Son corps ne fut retrouvé et identifié que 8 mois et demi après, par un acte de décès du 9 mai 1945 de la commune de Montamisé.

Le Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre lui attribuera par Décision du 23-7-1969 le titre d’Interné-Résistant, carte n°120328673.

Son nom figure sur les monuments de La Roche de Bran, des carrières des Lourdines et du monument aux morts 39-45 de Gençay.

        

BABULACK Mathieu (nom de guerre « Planchet ») « Mort pour la France »

Il est né le 27 décembre 1926 à Svr?inovec en Tchécoslovaquie, aujourd’hui village de Slovaquie situé dans la région de Žilina. En mai 1940, il est réfugié à St Maixent (79).

Il est entré au groupe de résistance Anatole le 15-6-1944, il a été blessé le 14-8-1944 lors de l’engagement de la Roche de Bran (commune de Montamisé) et fait prisonnier le 15-8-1944 et par la suite fusillé après tortures le 19 août 1944 à Migné-Auxances, carrière des Lourdines.

Il est cité le 9-12-1944 à titre posthume, à l’ordre du corps d’Armée, attribution de la Croix de Guerre 39-45 avec étoile de vermeil. Le Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre lui attribuera par Décision du 4 janvier 1956 le titre d’Interné-Résistant, carte n°121810981.

Son nom figure sur les monuments de La Roche de Bran et des carrières des Lourdines.

          

BOUDELIER Joseph, Paul, Henri, Abel (nom de guerre « le Golf ») « Mort pour la France »

Il est né le 21 décembre 1922 à St Gilles sur Vie en Vendée, fils de Victor, Armand, Louis Boudelier et Maria, Joséphina, Armandina Billon. Il s’est marié le 8 juin 1943 à Coëx (Vendée) avec Elise, Armanda, Thérèse, Octavie Favreau et exerçait la profession de cultivateur.

Il a appartenu au maquis Anatole du 2-8-1944 au 19-8-1944 (N° du Registre Matricule : 10929). Il a participé aux opérations du maquis Anatole, arrêté et fait prisonnier dans la nuit du 14 au 15 août 1944 lors de l’attaque allemande de la Roche de Bran (commune de Montamisé), emmené aux carrières des Lourdines à Migné-Auxances, torturé et fusillé le 19 août 1944.

Il a été cité à l’ordre du Corps d’Armée à titre posthume le 10-12-1944.

Figure sur la stèle commémorative de la carrière des Lourdines à Migné-Auxances (86), la stèle commémorative du château de la Roche-de-Bran à Montamisé (86) et le Monument aux Morts de Saint-Gilles-sur-Vie (85).

             

CAILLER Jean, Albert, Edgard (nom de guerre « Paul ») « Mort pour la France »

Il est né le 8 octobre 1923 à St Hilaire la Palud (Deux-Sèvres), fils de Jean, Auguste Cailler, employé des Postes et Télégraphes et Juliette, Marianne Bouin (mariés le 20-11-1922 à St Hilaire la Palud).

Caporal-chef FFI au sein du maquis Anatole.

Un jugement du tribunal de 1° Instance de Poitiers en date du 25-10-1947, constate judiciairement le décès de Jean Edgar Cailler fait prisonnier et fusillé le 19 août 1944 à Migné-Auxances, carrière des Lourdines.

Son nom figure sur les monuments de La Roche de Bran et des carrières des Lourdines.

          

CLERCY Marcel, Lucien (nom de guerre « Cécel ») « Mort pour la France »

Il est né le 24 novembre 1924 à St Maurice la Clouère (86), fils de Marcel Clercy, cultivateur et Lucette, Marie, Louise Martin.

Fait prisonnier au château de la Roche de Bran à Montamisé (86), emmené aux carrières des Lourdines à Migné-Auxances (86), martyrisé et exécuté le 15 août 1944, dans leur cantonnement par les SS de la Kriegsmarine.

Il est cité à l’ordre du corps d’armée à titre posthume le 6 décembre 1944 par le Colonel Fourrier, commandant la 9° Région Militaire (ordre général n°21) avec la citation suivante : « Volontaire d’un groupe de maquis. A participé au combat de la Roche de Bran. Tombé aux mains de l’ennemi, a été aussitôt abattu ». Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil.

Son nom figure sur les monuments de La Roche de Bran, des carrières des Lourdines et du monument aux morts de St Secondin.

          

DUCLAUD Fernand, Auguste (nom de guerre « Auguste ») « Mort pour la France »

Il est né le 5 avril 1923 à Adriers (86), fils de Charles Duclaud, cultivateur à Montajean, commune d’Adriers et Desplobain Ernestine.

Combattant FFI du maquis Anatole, fait prisonnier à la Roche de Bran et fusillé par les allemands le 18 août 1944 à Migné-Auxances, carrière des Lourdines. Mention « Mort pour la France », avis du Ministre des Anciens Combattants du 16 mars 1946.

Il est décoré à titre posthume de la Médaille Militaire, de la Croix de Guerre avec palme, de la médaille de la Résistance (Décret en date du 14-1-1961, signé Charles de Gaulle, publié au JO du 19-1-1961).

Son nom figure sur les monuments de La Roche de Bran (patronyme écrit à tort Duclos au lieu de Duclaud sur la stèle), des carrières des Lourdines et du monument aux morts 39-45 de Gençay.

          

FLEURY Pierre, Albert (nom de guerre « François ») « Mort pour la France »

Il est né le 19 novembre 1909 à Poitiers (86), fils de Fernand, Clément Fleury, conducteur aux tramways électriques demeurant à Poitiers et Camille Oudin. Il exerce la profession d’employé de commerce.

Il s’est marié à Poitiers le 19 juin 1934 avec Jeanne, Marie, Madeleine, Eugénie Prouteau.

Il est incorporé le 20 avril 1932 au 32°RA, envoyé en congé le 31 mars 1933, rayé des contrôles le 15-4-1933 et affecté au centre de mobilisation d’artillerie n°21.

Rappelé à l’activité par le décret de mobilisation du 1-9-1939, dépôt d’artillerie n°21, parti aux armées le 11-9-1939 et rayé des contrôles le 26 juin 1940.

Il a servi dans les FFI, groupe Anatole du 6 juin 1944 au 19 août 1944, le titre d’Interné Résistant lui a été attribué pour la période du 15 au 19 août 1944.

Caporal-chef FFI au sein du maquis Anatole, fait prisonnier par les allemands et fusillé le 19 août 1944 à Migné-Auxances, carrière des Lourdines.

Par un jugement du tribunal civil de Poitiers en date du 3 novembre 1953, il est déclaré « Mort pour la France ».

Son nom figure sur les monuments de La Roche de Bran et des carrières des Lourdines.

          

Conclusion

Ces combattants de l’ombre se sont dressés pour que l’intolérable ne soit pas toléré, ne pas plier, ne pas se replier, lutter pour la défense de leur pays, de nos libertés. Leurs sacrifices, nous enseignent un devoir de vigilance et de résistance devant le fanatisme et la barbarie.

         

En leur hommage voici un extrait du poème de Paul Eluard

Liberté

« Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté. »


Paul Eluard
Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand
(1945, Les Editions de Minuit)

     

Sources

  • Ministère de la Défense, SGA « Mémoire des Hommes » Guerre 39-45.
  • Service Historique de la Défense, Caen, cote AC 21 P 185055.
  • Service Historique de la Défense Vincennes, cotes GR 16P 6179, GR 16P 25701, GR 16P 77646.
  • AD 86 archives en ligne et en salle de lecture, registres d’état-civil, registre matricule (9R2-235).
  • AD 79 archives en ligne, registres d’état-civil.
  • Mairies de St Hilaire la Palud (79), d’Adriers (86) et St Gilles Croix de Vie (85), copies des registres d’état-civil.
  • Mes remerciements aux personnels du Service Historique de la Défense (SHD) Vincennes pour leur accueil et leurs informations, ainsi qu’aux personnels du SHD-Centre des Archives du Personnel Militaire de Pau.

         

Montamisé, le 4 avril 2016

Article de Jean-François LIANDIER