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La boulangerie coopérative de Montamisé

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Aujourd’hui, Montamisé dispose de deux boulangeries artisanales : « L’Angélus » et la « Boulangerie des Lys », mais dans les premières années du 20e siècle existait une boulangerie à la structure originale : une société civile ayant pour nom « Boulangerie coopérative de Montamisé », c’est son histoire que je vous invite à découvrir.

Le 17 mars 1909, Georges Martin, propriétaire et commerçant à Tron, dépose devant Camille Couturier greffier de la justice de paix du canton de St Georges lès Baillargeaux, dont dépend Montamisé, les statuts et la liste des administrateurs de la société civile « Boulangerie coopérative de Montamisé ».

Cette société a été créée suivant un acte sous seing privé le 23 février 1908.

Les administrateurs de la dite société sont :

  • Martin Georges, propriétaire et commerçant à Tron
  • Messy Alexandre, propriétaire à Mortier
  • André Désiré propriétaire, à La Germonière
  • Demairé Eugène, marchand de bois à Charassé
  • Pineau Adrien, industriel à Tron
  • Decours Ernest, propriétaire à Tron
  • Rat Armand, propriétaire à La Germonière
  • Soreau Jean, propriétaire à Ansoulesse
  • Fichet Ernest, propriétaire à Ansoulesse
  • Beaudeau Célestin, propriétaire à Montrouge
  • Ribreau Alexandre, charron-forgeron au Bourg
  • Bachon Joseph, propriétaire au Bourg

Ces 12 administrateurs déclarent « qu’avec l’assistance et le concours de plusieurs ouvriers et autres habitants de la commune de Montamisé, ont fondé dans le courant de l’année 1908, une société civile pour l’exploitation d’une boulangerie coopérative, et que les statuts ont été adoptés dans les assemblées générales des sociétaires des 5 janvier et 16 février 1908 ».

But de la société

« Il est formé entre les fondateurs et tous les adhérents aux présents statuts, une société coopérative anonyme de consommation, à capital et personnels variables… La société a pour but de procurer à ses membres le pain dont ils auront besoin au meilleur marché possible ; elle renonce donc à toute idée de gain et s’interdit toute spéculation commerciale, n’ayant d’autre but que d’abaisser, soit immédiatement, soit ultérieurement, le prix du pain. »

Mise de fond et cotisation

« La société est constituée par les versements des sociétaires. Pourra faire partie de la société toute personne des deux sexes honorablement connue. Pour installer la boulangerie, faire les dépenses du premier établissement, les achats de farines, bois et autres objets nécessaires, chaque sociétaire verse une cotisation de 25 francs… ».

Un conseil d’administration de 12 membres, désignés par l’assemblée générale, gère la société, il y a en outre une commission de contrôle composée de huit membres élus pour deux ans.

Une caisse de prévoyance est formée pour venir en aide aux associés.

En 1908, le nombre d’adhérents de la société est de 52.

A noter que dans le canton de St Georges, à la même époque, d’autres boulangeries coopératives vont se créer : en 1909, « la boulangerie coopérative des familles de Chasseneuil », « la boulangerie coopérative du Peu » à St Georges. En 1911 les boulangeries coopératives de St Georges et St Cyr.

Le recensement de la population de Montamisé en 1911, nous indique qu’il existe une boulangerie dont le patron est André Guibert, il travaille avec son fils Joseph et un ouvrier Bonnin Léon Adrien.

En 1921 et 1926, Charles Dexmier est ouvrier boulanger à la boulangerie coopérative.

En 1926, Joseph Guibert a succédé à son père, décédé en 1919, comme patron boulanger, il travaille avec un ouvrier boulanger et une domestique.

En 1931, Eugène Boutin est boulanger à la coopérative. La même année on trouve comme patron boulanger Léon Bonnin qui travaille avec un ouvrier boulanger.

En 1936, le recensement nous apprend qu’Henri Garnault est boulanger à la coopérative et Léon Bonnin est toujours patron boulanger.

Henri Garnault est une figure de Montamisé, arrivé en 1933 dans la commune, il fut pendant 13 ans ouvrier à la boulangerie coopérative (qui se trouvait à l’emplacement de l’actuelle boulangerie-pâtisserie l’Angélus, 4 rue de l’église). En 1946 il achète la boulangerie située au 3 rue de l’ancien porche où il exercera pendant 26 ans, il y travaille avec ses fils Régis et Jean.

                  

C’est par un hommage poétique à ce noble métier de boulanger que se termine cet article.

Le boulanger (poème de « Yanous », site internet « Je Poème »)

« Autrefois, il posait le pied par terre
Dès que sonnait trois heures du matin.
Il avalait un bol de café
Et mettait en route son savoir faire.
Le four à bois, déjà chauffait
Que ses mains s’activaient dans le pétrin.
Le commis le rejoignait
Et bientôt, visage et mains se blanchissaient
De farine qui volait
Dans tout le fournil.
Chaque geste bien précis
Que ce soit pour le pétrissage,
La pesée, le pointage ou le façonnage.
Il travaillait la pâte avec enthousiasme,
Son tour de main bien à lui
Donnait naissance à différents pains.
Il manipulait avec habilité la longue pelle de bois
Pour enfourner tous les pâtons.
Et bientôt une bonne odeur envahissait
Le magasin, où déjà les clients se pressaient
Pour emporter le bon pain de leur cher boulanger. »

         

Sources :

AD86 cote 4-U-23/5, recensement de la population 8M3 et NR du 15-11-99

          

Montamisé, le 12 décembre 2011,
Article de Jean-François LIANDIER