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La famille Lacroix

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Une famille montamiséenne durement éprouvée par la guerre

     

Préambule

2014 est l’année de la commémoration du centenaire de la guerre de 1914-1918. Celle-ci est une des périodes de notre histoire, qui garde la plus grande résonance dans la mémoire populaire. Presque toutes les familles de Montamisé, comme de France, gardent la mémoire d’un ancêtre qui a connu cette épreuve. C’est le cas de la famille Lacroix dont nous vous contons aujourd’hui l’histoire.

      

La famille Lacroix

Louis Alexandre Lacroix (1860-1957) est cultivateur à Montamisé, fils de Louis Lacroix et Madeleine Balin.
Il s’est marié le 27 octobre 1884 à Montamisé avec Angélique Rat (1864-1941), celle-ci est la fille de Louis Rat et Hélène Dubreuil.
Le couple aura trois enfants : deux garçons (Joseph Alexandre et Eugène Alphonse) et une fille (Marie Louise Angélique).

         

Joseph Alexandre Lacroix

Il est né le 7 mars 1886 à Montamisé, au village de la Germonière. Il va devenir employé aux chemins de fer de l’ouest et demeure à Mézidon dans le Calvados. Il se marie le 22 avril 1912 à Poitiers avec Jeanne Louise Alice Lavergne.

Il fait son service militaire, à compter du 7 octobre 1907, au 66° Régiment d’Infanterie, le 26 mars 1908, il est nommé soldat musicien puis envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1909. Il est classé aux affectations spéciales des chemins de fer de l’Etat comme « homme d’équipe » à Mézidon du 5 avril 1912 au 1 septembre 1914.

Il est rappelé à l’activité le 19 septembre 1914 au 125°RI.

Il décède des suites de maladie, contractée en service, (fièvre typhoïde) le 16 décembre 1914 à St Aubin sur Mer (Calvados) à l’âge de 28 ans. Il est inhumé à Montamisé dans le caveau familial.

      

Eugène Alphonse Lacroix

Il est né le 26 novembre 1893 au Bourg de Montamisé. Il exercera la profession de sellier et se mariera avec Lucie Pain.

Il va faire son service militaire le 28 novembre 1913 au 25° Régiment de Dragons. Puis sera rappelé par le décret de mobilisation, le 2 août 1914 au 25° Régiment de Dragons.

Il va se distinguer par plusieurs actions d’éclats qui lui vaudront diverses citations et la Croix de Guerre :

- Citation à l’ordre du régiment n°40 du 3 mai 1916 : « Le 20 février 1916 est allé avec un brigadier enlever près des fils de fer ennemis, un fil téléphonique allemand, qu’il avait découvert la veille et en a rapporté dans nos lignes une longueur de 200 m ».

- Citation à l’ordre du bataillon du 25 février 1917 : « Le 18 février 1917, au cours d’une embarcation de chevaux en gare de Bouleuse (Marne) a été atteint de contusion région métatarsienne droite par chute de levier ».

- Citation à l’ordre de la 66°division n°11 du 17 août 1917 : « Lacroix, 1°classe, n°matricule 2446, sous de violents bombardements a assuré avec le plus bel exemple de jour et de nuit pendant 20 jours son dur service d’agent de liaison du 30 juillet au 10 août 1917. Coureur pour les attaques a montré la mesure de son sang-froid et de son dévouement ».

- Citation à l’ordre de la division n°711 du 27 novembre 1917 : « Parti en première vague à l’assaut des positions ennemies a été tué en attaquant à la grenade un groupe de mitrailleurs boches embusqués dans un trou d’obus ».

Revenons sur ce dernier épisode où il trouva la mort le 23 octobre 1917 à 14h à Vailly sur Aisne au Chemin des Dames, 2 kilomètres sud de Pargny à la suite de blessures par éclats d’obus et balles.

Le journal de marche du 25° Dragons nous donne les détails de cette attaque.
Eugène Alphonse Lacroix est cavalier de 1°classe dans le 4°escadron, il fait parti d’un groupe franc, commandé par le lieutenant Billon. Le 23 octobre après avoir subi un violent bombardement, « le groupe part au complet à 5h15 à l’assaut des positions ennemies, précédant la première vague d’assaut du 64°bataillon de chasseurs, l’objectif est la carrière nord du Tonnerre entre le fort de la Malmaison à l’ouest et le ravin des Bovettes à l’est. L’obscurité et le nivellement des premières lignes ennemies, empêchent l’orientation. Après avoir parcouru une centaine de mètres, le groupe se trouve divisé. Les carrières du Tonnerre furent le joint du secteur allemand qui résista davantage. Des boches une fois la première vague d’assaut engagée dans leurs premières lignes sortirent de leurs abris incomplètement détruits, démasquèrent des mitrailleuses, tirèrent de très près sur les assaillants et firent des barrages à la grenade. C’est là entre 5h30 et 6h30 que le groupe subit la plupart de ses pertes… »

Gravement blessé, il fut rapatrié vers le poste de secours, où il décéda à 14h le dit jour. Il sera inhumé dans le caveau familial du cimetière de Montamisé.

       

Marie Louise Angélique Lacroix

Elle est née le 23 juillet 1887 à Poitiers, elle se marie le 29 janvier 1910 à Poitiers avec Fernand Bernard (1884-1955) celui-ci, né à Sarzec, est le fils Louis Bernard et Marie Eugénie Dubois, il exerce la profession de cultivateur.

Marie Louise Angélique qui a perdu ses deux frères, va également perdre son beau-frère, Louis Alphonse Bernard, mort le 17 février 1915 à l’hôpital de Nancy des suites de blessures de guerre.

     

Sources :

  • AD 86 Registres d’état-civil en ligne
  • AD 86 Registres matricules en ligne
  • Site internet « Mémoire des Hommes » SGA, Ministère de la Défense : Base de données des « Morts pour la France ». Journal de marche du 25° Régiment de Dragons. Historiques régimentaires des unités engagées dans la Première Guerre mondiale.

       

Montamisé, le 5 janvier 2014

Article de Jean-François LIANDIER