Accès directs


La tragique histoire de Fernande Gaillard

Image associée à l'article

    

Préambule

Fernande Gaillard, surveillante auxiliaire de police au corps urbain de Poitiers, détachée au service des RG, fut la victime d’une malheureuse méprise qui a conduit un groupe de résistants qui méconnaissait son action au sein de la Résistance, à la condamner à mort et à l’exécuter sur la commune de Millac (86). Elle avait un enfant qui, orphelin, fut placé quelques temps par l’Assistance publique dans une famille d’accueil au village du Petit Nieul, commune de Montamisé.

Fernande Gaillard vient d’être réhabilitée le 28 novembre 2017 par la directrice de l’ONAC-VG qui lui a attribué la mention « Mort pour la France ».

08d045443c367b691d2e47a07e048c73

Décision ONAC

Ayant contribué aux recherches sous la conduite de M. Luc Rudolph, historien de la police, qui après avoir constitué un solide dossier historique a obtenu auprès de l’ONAC-VG la réhabilitation de Fernande Gaillard dans son honneur, comme l’avait été son compagnon dans la Résistance, Antoine Cantin, inspecteur de police à Poitiers, fusillé dans les mêmes conditions et réhabilité en 1949. Fernande Gaillard avait été la grande oubliée de l’histoire…

 

Ses origines familiales

Fernande, Simone, Marie, Louise Gaillard est née le 7 août 1919 à Nice, elle est la fille de Gaillard Eugène, Louis, André (1891-1971) et Mihiel Louise, Clémentine, mariés à Nice le 28-12-1916. Ses parents vont divorcer en 1925, sa mère va se remarier le 30-12-1926 à Marseille avec Paul Auguste Bulot, le couple aura une fille (demi-sœur de Fernande Gaillard).

Son signalement est le suivant : taille 1.60m, cheveux châtains, yeux marrons, portait des lunettes.

 

L’affaire Cantin-Gaillard

Luc Rudolph nous raconte ce triste épisode de notre histoire : « Fernande Gaillard, la jeune femme de Poitiers, d’origine niçoise a été capturée et fusillée sur ordre du colonel Blondel, alias « Michel ». Cette exécution a été l’objet d’une enquête judiciaire en 1962, pour retrouver son corps et son honneur, car elle était auxiliaire de police à Poitiers et travaillait pour la Résistance. Disparue avec son responsable résistant, l’inspecteur Antoine Cantin des Renseignements Généraux de Poitiers (lui aussi fusillé), l’enquête dévoile que Fernande Gaillard avait été sommairement jugée pour espionnage « tombée victime de l’incurie du colonel Blondel. Elle était mon agent au sein du groupe » Espérance », groupement qui est une partie du groupe de l’État-major FFI de la Vienne ».

En 1962, un haut fonctionnaire de police et ancien déporté de la résistance, Jean Guibert demandait officiellement pour Mlle Gaillard la mention « mort pour la France », au même titre que le policier fusillé Cantin, car « ce dernier certifie que Mlle Gaillard n’aurait pas eu d’activités antinationales et aurait au contraire, travaillé pour le compte de la Résistance ». Interrogé par la gendarmerie bordelaise en 1962, Blondel confirmait l’exécution de la jeune femme, en s’excusant du fait, mais en lui refusant aussi le droit à la mention « mort pour la France » qui confirmait la bavure…

L’inspecteur des Renseignements Généraux Antoine Cantin « Le Saint », agent 91, est né à Phalsbourg (Moselle) en mai 1919. Quand la Moselle devient allemande, Cantin n’hésite pas : il s’évade vers la zone libre et devient dans un premier temps employé du Cadastre en Dordogne. Il y sera un des fondateurs de la Légion des Alsaciens-Lorrains, une structure violemment antiallemande et anti-collaborationniste. Il sera aussi un des premiers agents locaux des MUR (Mouvements Unis de Résistance) après avoir œuvré pour Libération-Sud. Recruté dans la police en 1943, d’abord en Dordogne, il avertit des habitants de Jaunay-Clan et de Chasseneuil visés par des sympathisants de la collaboration. Puis il se trouve nommé aux Renseignements Généraux à Poitiers. Là, son collègue Jean Henri Guibert « Kiki » le recrute rapidement au sein d’un petit groupe, « Espérance », créé par le capitaine Olivet, « La Chouette », dont l’objectif est de fournir des informations à toutes les structures locales de la Résistance. Les deux policiers en seront les chefs. Une employée des RG locaux, Suzanne Brunelière et un autre inspecteur de police, Albert Léon font aussi partie des informateurs. Ils seront immatriculés au réseau Eleuthère, sous-réseau Acajou. Grâce surtout à Guibert et à Cantin, le groupe obtient de nombreux renseignements sur les opérations programmées contre les maquis locaux. Ainsi, à la ferme d’Ys, le maquis Gilles dénoncé par un traître, est sauvé : l’encerclement effectué le lendemain par les Allemands se referme sur le vide. L’activité résistante de Cantin consiste d’ailleurs aussi à infiltrer les structures de la Collaboration et à démasquer leurs membres et les agents des Occupants, telle une femme de l’Isle-Jourdain, qui, jusque-là, avait dupé tout le monde. Ils fournissent aussi des faux-papiers et orientent les volontaires vers les maquis. En juin 1944, les deux policiers sont nommés au service de renseignements à l’état-major départemental des FFI. Contraints de pratiquer le double-jeu, ils sont chargés par l’intendant de police Lemoine de repérer les maquis. Ils le font, en l’informant toujours trop tard, assistés par la surveillante de police Fernande Gaillard, qui accepte de ne pas communiquer d’informations qui ne seraient pas passées par les deux inspecteurs. Elle ira jusqu’à rédiger des faux-rapports, pour calmer l’impatience de Lemoine. Du coup, Allemands et miliciens arrivent toujours avec un fatal temps de retard…

Le 10 juin, Guibert et Cantin se rendent en moto dans les Deux-Sèvres, à Montalembert, pour prévenir le maquis de la Butte-Rouge d’une action de la Milice le soir-même : elle vint en fait le lendemain, mais trouva les lieux désertés. D’autres résistants sont alors sauvés par l’avis de trahison que donnent les policiers au sujet d’un nommé Pierron et plus tard sur une dame Bergon. Les deux policiers sauvent aussi par des avis donnés à temps les maquis implantés dans le secteur Adriers-Plaisance, sillonné le lendemain par les troupes allemandes. A la mi-juillet 1944, l’intendant de police envoie les deux hommes dans le secteur de L’Isle-Jourdain : ils commencent par se présenter au chef FFI local –rattaché à l’Armée Secrète de la Vienne-, le capitaine Blondel, « Michel », qui les reçoit mal, les renvoie vers son supérieur, le capitaine Chêne, et les invite à ne plus reparaître. Mieux reçu par Bernard, « Chêne », celui-ci se met d’accord avec les policiers pour qu’ils lui rendent régulièrement compte. Ils lui soumettent dès lors systématiquement au préalable, pour éviter tout faux-pas, les rapports adressés à Lemoine. Guibert et Cantin se séparent : seul le second revient sur les terres où il est proscrit. Son retour coïncide avec une opération des occupants qui arrêtent deux gendarmes locaux, le 17 juillet.

Cantin, interpellé ce jour vers 17h par les maquisards, rejoint au Vigeant, pour une brève captivité, Fernande Gaillard, arrêtée deux jours plus tôt. Blondel, sans rechercher l’ombre d’une preuve contre les deux captifs, les fait immédiatement passer en cour martiale vers 18h et condamner à mort. Le maquisard qui garde Cantin raconte lui avoir proposé de s’enfuir avec lui, mais a essuyé un refus de l’inspecteur : « Je suis innocent, je ne me sauverai pas, je resterai propre jusqu’au bout ». Les deux policiers sont abattus au bord d’un chemin, vers 23h. Blondel n’a jamais cherché à contacter son supérieur, dont il ne se sent pas dépendant, n’a respecté aucune procédure des cours martiales (il est pourtant officier de chancellerie…), et ne rend aucun compte. Ultérieurement, alors qu’il est initialement chargé de l’enquête sur cette tragique exécution, il accumulera les mensonges, affirmera d’abord que l’homme et la femme ont été abattus lors d’une tentative de fuite, avant d’admettre leur exécution sommaire. Il s’opposera même sans vergogne à la réhabilitation des victimes de son incurie. L’enquête menée ultérieurement par la Sûreté Nationale est un modèle du genre. Le corps de Cantin, retrouvé à la Barrière des Loges, dépouillé de tout objet, sera dès lors considéré comme étant celui d’un inconnu. Il faudra attendre la fin de la guerre pour que la disparition de Cantin éveille quelque émoi. Mais ce sera l’action conjuguée de ses anciens collègues, de ses camarades d’Espérance et d’Eleuthère (en la personne du capitaine Sommen, Vallin, Christian), des parents du policier, puis du journal régional L’Est républicain, pour obtenir une révision du « procès » bâclé.

Les juridictions saisies estimeront que « les charges relevées contre Cantin s’avèrent inexistantes » et considéreront la condamnation et l’exécution totalement infondées, quoique couvertes par l’amnistie, pointant les multiples dysfonctionnements d’un Blondel obstiné dans son égarement. Les diverses enquêtes ultérieures concluront de même, avec des attendus particulièrement durs du général Duche en mai 1948, qui évoque en Cantin « cet excellent patriote, victime de l’erreur d’un officier ». En 1947, le Ministre de l’Intérieur parlait déjà de « la tragique incurie du colonel Blondel ». La DGER se contentait en 1946 de stigmatiser une « regrettable légèreté » … Cela n’empêchera pas Maurice Blondel d’être un lieutenant-colonel à la conscience sereine, aveuglé par ses certitudes, quoique vigoureusement mis en cause par ses anciens compagnons pour avoir, selon eux, souvent été absent lors des combats… Il est vrai que d’autres témoins louent son parfait courage. Cantin sera finalement reconnu « Mort pour la France », homologué sous-lieutenant, et décoré de la Croix de guerre avec une citation à l’ordre du Corps d’Armée. Le policier n’aura pas pu sauver deux gendarmes : le lieutenant Priquet et l’adjudant Coustant, qu’il avait identifiés comme étant ciblés par les collaborateurs et les Allemands. Arrêtés le 17 juillet, ils mourront en déportation où ils croiseront Guibert.

« Kiki », pour sa part est arrêté un peu plus tard, le 26 juillet 1944 par les Allemands, sur dénonciation de la Milice, incarcéré à la prison de la Pierre-Levée, et déporté le 18 août à Buchenwald, puis dans son kommando, Guibert sera rudement maltraité par des nazis ou des kapos sadiques : les coups de gourdin et de marteau reçus sur la tête le feront cruellement souffrir encore des années plus tard. Tombant évanoui un matin à l’appel, il passe trois semaines à l’infirmerie, soigné par un médecin espagnol. Dans le kommando de Bad Gandersheim, Guibert en profite pour s’évader à hauteur de Mersdorf. Il est rapatrié le 13 mai 1945, invalide à 115%. Quand il découvre le sort de Cantin, il entame ses recherches qui contribueront à sa tardive réhabilitation. Jean Guibert sera promu commissaire. Il est père de deux filles. Fernande Gaillard est la grande oubliée de l’affaire… » (1)

Exécutée le 17 juillet 1944, le corps de Fernande Gaillard ne sera retrouvé que le 23 juillet 1944 (date légale de sa mort) au lieu-dit « Les Roches » commune de Millac, le registre de décès en date du 23 juillet indique « femme inconnue dont l’identité n’a pu être établie et l’état de putréfaction n’a pas permis de fixer la date du décès... », il faudra attendre le jugement déclaratif de décès du tribunal civil de première instance de Poitiers rendu le 4 juin 1945 pour avoir son identité officielle. Son corps inhumé au cimetière de Millac n’a jamais été retrouvé.

   

Le fils de Fernande Gaillard

Fernande Gaillard avait un fils prénommé Jean-Paul, François, Pierre né le 31 mai 1942 à Bourg en Bresse (Ain), reconnu par sa mère.

Fernande Gaillard habitait 12 boulevard du Pont Joubert à Poitiers. Lors de la disparition de sa mère, l’enfant âgé de 2 ans fut d’abord pris en charge par le service d’entraide de la police de Poitiers puis remis au service de l’assistance publique de la Vienne, service des enfants assistés (catégorie « recueillis temporairement » et placé à compter du 1er novembre 1944 en nourrice chez Madame Lescal Ginette (épouse de Camille Boutet) au village du Petit-Nieul, commune de Montamisé. L’enfant va rester deux mois chez Mme Lescal. Le 1er janvier il sera remis à sa grand-mère maternelle, Louise Bulot qui viendra de Marseille chercher son petit-fils et se renseigner sur le sort de sa fille…

Le 28 juillet 1945, le père biologique de l’enfant, Georges Jenny (1913-1975), écrit à l’administration de l’assistance publique pour indiquer qu’il a reconnu l’enfant et qu’il souhaite exercer « la puissance paternelle » … L’inspecteur régional des services d’assistance lui répond que l’enfant a été remis à sa grand-mère maternelle le 1-1-1945, en conséquence il doit prendre contact avec elle…

Reconnu par son père, en 1945, il portera désormais le patronyme Jenny. Jean-Paul Jenny s’est marié le 13 novembre 1965 à Poitiers avec Madeleine Martin, il est décédé le 8 novembre 2013 à Chambray les Tours, inhumé le 14 novembre 2013 au cimetière de la Rabière à Joué-lès-Tours. Le couple a eu deux enfants.

Jean-Paul Jenny a eu pour marraine, Suzanne Martineau (voir notes) une amie de sa mère, qui a beaucoup compté pour lui…

Son père, Georges, Charles, Marcel Jenny est né le 29-4-1913 à Lille, fils de Jenny Georges André et Suzanne Sartoris. Il est décédé le 23-9-1975 à Cambo les Bains (64). Georges Jenny s’était marié le 21 novembre 1942 à La Tronche (38) avec Francine, Eliane, Nicole Emilienne Lefebvre.

Georges Jenny était ingénieur en électronique et musicien, il est l’inventeur en 1942 de l’ondioline, un instrument de musique électronique, précurseur de nos synthétiseurs actuels, il recevra la médaille d’or du concours Lépine en 1942, puis créera sa propre entreprise. L’ondioline sera popularisé dans les années 1950 par le musicien et compositeur Jean-Jacques Perrey (1929-2016).

 

Sauvegarder la mémoire de Fernande Gaillard

Il aura fallu attendre 73 ans, pour que Fernande Gaillard soit réhabilitée dans son honneur, que la Nation lui reconnaisse la mention « Mort pour la France » le 28 novembre 2017.

Une plaque à sa mémoire sera posée sur le monument aux morts de Millac et la mairie de Nice, sa ville natale, a été contactée pour que son nom figure sur leur monument aux morts.

Comme l’enseignait Aristote « Il faut placer la Vérité au-dessus de tout », il faut aussi garder en mémoire ce que disait le 22 juin 1940 à la BBC, le Général De Gaulle « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront. », dans cet idéal de Liberté et de Fraternité, des femmes et des hommes ont fait le sacrifice de leur vie pour leur pays, Antoine Cantin et Fernande Gaillard étaient de ceux-là, leur souvenir demeurera.

   

Notes :

- Le commissaire principal Jean, Henri, Elie Guibert : est né le 5-4-1921 à Bordeaux, fils de Léon Georges Guibert et Henriette Tessier, marié à La Rochelle (17) le 13-9-1941 avec Liliane, Léonie, Blanche Bouyer, décédé à Pessac le 25 avril 1984. Déporté au KL Buchenwald sous le matricule 81339.

- L’inspecteur Antoine Cantin : est né le 20 mai 1919 à Phalsbourg. Habitant de Danne-et-Quatre-Vents, où son père fut cantonnier des Ponts-et-Chaussées, il quitte la Moselle annexée pour la zone libre en 1940. En Dordogne, il est d'abord employé au cadastre, avant d'être recruté dans la police en 1943. Muté dans la Vienne, il est nommé aux Renseignements Généraux à Poitiers. Il a obtenu la mention « Mort pour la France » par décision ministérielle n°5204 CAB.CP du 16 mars 1949, homologué sous-lieutenant, et décoré de la Croix de guerre avec une citation à l’ordre du Corps d’Armée.

- Suzanne, Andrée, Radegonde Martineau : est née à Poitiers le 15-2-1918, fille de André, Victor Martineau et Thérèse, Marguerite, Blanche Fedon, elle est décédée le 20-10-2012 à Poitiers. Universitaire, historienne et théologienne. - Fut consultante au Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens à Rome. Membre fondateur du dialogue anglican-catholique en France. Spécialiste de l'anglicanisme. Elle est chevalier de la Légion d’Honneur (remise par Mgr Albert Rouet), titulaire de la médaille de St Hilaire et de la Croix de St Augustin (la plus haute distinction anglicane).

   

Sources :

  • (1) Luc Rudolph, Auteur de « Policiers contre policiers », Ed SPE, 2015.
  • AD86 dossier de l’assistance publique cote 108W227, dossier 10244
  • AD86 dossier des fusillés cote 3 U 5 129
  • SHD Caen cote 21 P 345 662
  • AD06 registres d’état-civil en ligne
  • AD86 registres d’état-civil en ligne
  • ONAC-VG décision 2017-118 dossier n°11937
  • Le journal « le Républicain Lorrain » 8-9-11-14-21-25 mai 1947
  • Mairie de Cambo les Bains, acte de décès
  • Mairie de Nice, acte de naissance
  • Mairie de Bourg en Bresse, acte de naissance (mentions marginales)
  • Mairie de Bordeaux, extrait acte de naissance (mentions marginales)
  • Mairie de Poitiers, extrait d’acte de mariage, acte de décès
  • Mairie de Pessac, acte de décès

Mes remerciements pour leur aide et /ou appui :

  • Luc Rudoph, ancien Haut-Fonctionnaire de la Police Nationale, historien de la police, membre actif de l’association HSCO (Pour une Histoire Scientifique et Critique de l’Occupation)
  • Aux personnels des Archives départementales de la Vienne
  • Madame Danielle Maytraud, Maire de Millac
  • Jean-Pierre Dardillac, ancien Maire de Millac et Président de la section UFVG et AC de Millac
  • Olivier Robaut, conseiller municipal, délégué aux anciens combattants de la ville de Nice
  • Le Général Alfred Morel, délégué départemental du Souvenir Français des Alpes-Maritimes
  • Madame Madeleine Jenny née Martin épouse de Jean-Paul Jenny ainsi qu’à leur fille Nathalie

  

  

Montamisé le 23 avril 2018

Article de Jean-François LIANDIER