L'église Notre-Dame de Montamisé
Histoire et patrimoine de l’église Notre-Dame de Montamisé
Historique
Le site est anciennement occupé et christianisé. En témoignent les deux sarcophages mérovingiens appuyés contre le mur sud de l’église et les sarcophages de même époque découverts au pied du mur nord.
Une paroisse Sainte-Marie de « Monte-Tamisério » (Mont-Tamisier) est citée en 964. Le nom se fixera sous la forme « Montamiser » et tardivement Montamisé. L’église est sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption.
A Montamisé était aussi vénérée sainte « Quitère » - Quitterie, vierge martyre d’Aire sur Adour, fêtée le 22 mai qui fut aussi jour de foire du village. La fête de sainte « Quitère » est toujours la fête patronale.
La paroisse a relevé de la collégiale ND la Grande de Poitiers jusqu’à la révolution.
Reconstruction (1860-1866)
Au milieu du 19°siècle, l’église se composait d’une nef de trois travées romanes, couverte d’une charpente apparente du 15°siècle, avec une abside dotée de contreforts plats, et d’une façade reconstruite en 1731.
Les murs du chœur vont être gardés mais non sa voûte, transept et nef sont reconstruits sur des plans fournis en 1860 par l’architecte châtelleraudais Henri-Alexandre Godineau de la Bretonnerie. Mgr Pie évêque de Poitiers, consacre la nouvelle église le 25 octobre 1874. Un désaxement important marque la jonction entre la partie reconstruite et le chœur aux bases romanes.
La nef
Elle comporte quatre travées, voûtées en cintre surbaissée avec doubleaux. Le vitrail de la façade ouest, représente la Vierge Marie.
Près du portail ouest se trouve un panneau indiquant les noms des prêtres de la paroisse de Montamisé depuis 1610.
Plusieurs statues sont placées contre les murs avec chacune un historique retraçant la vie des saints, citons : Antoine de Padoue, Thérèse de l’Enfant Jésus, Hilaire, Radegonde, Jeanne d’Arc et Quitère.
A l’angle de la nef et du bras gauche du transept, au nord, on a conservé la chaire sur les panneaux de laquelle on peut voir Moise et les tables de la Loi, Saint Paul, le Bon Pasteur et saint Jean l’évangéliste.
Le bras gauche du transept présente une absidiole avec un autel consacré à St Joseph avec l’Enfant Jésus.
Le vitrail du mur nord est une production de l’atelier Lobin de Tours en 1870. Dans un médaillon est représenté la Sainte Famille.
Le transept et le clocher
Le bras droit du transept porte le clocher. Il n’y a pas d’absidiole du fait de la construction d’une sacristie au sud de la travée droite du chœur. L’autel de cette absidiole a été déplacé pour être installé à l’entrée du chœur en 2004. Une statue de Thérèse d’Avila occupe son ancien emplacement.
Le clocher abrite trois cloches classées MH en 1938. La plus ancienne porte la date de 1583 et le nom de sainte Quitère, les noms du parrain R Artus et de la marraine M Guionet. Une autre cloche de 1728 a été « bénite par messire François Poirier curé de Montamisay ». La dernière provient de Poitiers et date de 1769.
A l’intersection du transept et du chœur on admirera deux tableaux du 17°siècle inscrits au titre des MH en 1966, ils sont consacrés à deux saints jésuites, à gauche François-Xavier, à droite Louis de Gonzague.
Puis on a une statue du « Sacré Cœur de Jésus » et à droite une belle statue de la Vierge à l’Enfant du 17°siècle, réalisée en pierre et peinte en polychromie, inscrite à l’inventaire supplémentaire des MH en 1966 avec un arrière plan peint, semé de lettres M pour « Marie ».
Le chœur
A l’entrée du chœur, la statue de sainte Germaine Cousin, la petite bergère de Pibrac morte en 1601 et canonisée en 1867, fait vis-à-vis à celle de saint Louis mort en 1270, canonisé en 1297. Les murs derrière les statues sont peints avec des initiales répétées G (ermaine) et L (ouis). La voûte en cintre surbaissé, comme dans la nef, assure la continuité avec la reconstruction du 19°siècle mais le chœur est roman, excepté cette même voûte. En témoignent les colonnes à chapiteaux qui encadrent la fenêtre. Cet héritage roman est surtout visible à l’extérieur ; cinq hautes colonnes à chapiteaux séparent les cinq baies et des colonnettes à chapiteaux encadrant chaque baie. Ces grandes colonnes ne portent plus rien depuis la reconstruction de la voûte au 19°siècle.
A l’intérieur, le vitrail d’axe est consacré à une Vierge debout derrière l’Enfant Jésus, il a été réalisé par le maître verrier Joseph Besnard de Chalon sur Saône (19°siècle).
Dans le fond du chœur, le maître autel est du 19°siècle. Autour de la Vierge à L’Enfant sont représentés deux rois et deux prophètes : à gauche le roi David et le prophète Isaïe, à droite le roi Salomon et le prophète Jérémie.
« De ce mariage du roman et du 19°siècle, le signe le plus marquant reste le changement d’axe entre le chœur et le reste de l’édifice. L’esprit général est celui du 19°siècle, dans un plan simple, bien adapté aux célébrations d’une communauté. Sarcophages, chapiteaux romans, tableaux du 17°siècle, cloches des 16° et 18° siècles, statue de la Vierge du 17°siècle et aménagement de 2004 rappellent une longue histoire chrétienne ».
Sources : Notice de l’association PARVIS (2005), Barbier de Montault « La commune de Montamiser » (BSAO 1871-1873), « Autour de Poitiers » service régional de l’inventaire, Geste éditions 2009.
Jean-François LIANDIER
Photo 1 : vue générale de l'église Notre-Dame de Montamisé
Photo 2 : le chevet roman (12° siècle)
Photo 3 : colonettes avec chapiteaux sculptés encadrant la fenêtre centrale du chevet roman
Photo 4 : le choeur roman et le maître autel (19° siècle)
Photo 5 : la chaire
Photo 6 : statue de la Vierge à l'enfant (17° siècle) en pierre et peinte en polychromie. Classée à l'inventaire des Monuments Historiques en 1966.
Photo 7 : statue de Ste Quitterie (Quitère) en chêne - sculpteur Claude Guilloux. Inaugurée le 16 juin 2009 par Monseigneur Abert Rouet, Archevêque de Poitiers.
Photos : Jean-François Liandier