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Les Anciens Combattants de la Guerre 1939-1945

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Notices biographiques des Anciens Combattants de Montamisé « Morts pour la France » Guerre 1939-1945

       

Rappel historique

« La Seconde Guerre mondiale s'inscrit dans la continuité de la Grande Guerre de 14-18 et de la Grande Crise de 1929. La Seconde Guerre mondiale débute à proprement parler le 1er septembre 1939 quand la Wehrmacht (l'armée allemande) envahit la Pologne grâce à une attaque combinant l'action des blindés et de l'aviation : c'est la « Blitzkrieg » (guerre éclair). Le 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni ne peuvent faire autrement que déclarer la guerre à l'Allemagne.

Sur le front de l'Ouest, les armées ennemies se regardent en chiens de faïence : c'est la « drôle de guerre ». Le 10 mai 1940, ayant réglé la question polonaise, Hitler lance son armée à l'offensive sur les Pays-Bas, la Belgique et la France. Les forces anglaises et françaises se portent à l'intérieur de la Belgique à la rencontre des troupes allemandes.

Le secteur montagneux des Ardennes est plus ou moins dégarni de troupes car réputé impénétrable. Or, c'est là qu'à la surprise des états-majors alliés, Hitler va porter son principal effort. Le front est percé à Sedan le 14 mai 1940 et les armées alliées se retrouvent bientôt encerclées dans la poche de Dunkerque. 300.000 Britanniques et Français embarquent à Dunkerque, du 28 mai au 3 juin 1940, pour la Grande-Bretagne, en abandonnant leur matériel.

Le 12 juin 1940, le général Maxime Weygand, ancien adjoint du maréchal Foch, appelé en catastrophe à la tête des armées françaises, donne le signal de la retraite, cependant que plusieurs millions de civils quittent en hâte leurs foyers et fuient vers le sud, tenaillés par les mauvais souvenirs de l'occupation allemande en 1914.

Le 14 juin 1940, Paris est occupé, cependant que le gouvernement français s'est enfui à Bordeaux. Le 16 juin 1940, le président Lebrun nomme à la Présidence du Conseil le maréchal Philippe Pétain (84 ans) en lieu et place de Paul Reynaud.

L'armistice est signé à Rethondes, en forêt de Compiègne, le 22 juin 1940, dans le wagon même où avait été signé l'armistice du 11 novembre 1918. Le pays est coupé en deux zones, l'une, au nord, occupée par la Wehrmacht, l'autre, au sud, dite « libre » et administrée par le gouvernement française, installé à Vichy. Les prisonniers, 2 millions au total, doivent rester en Allemagne jusqu'à la conclusion hypothétique d'un traité de paix.

La Grande-Bretagne, gouvernée depuis le 10 mai 1940 au soir par Winston Churchill, doit seule résister à l'Allemagne aux puissances de l'Axe. Elle accueille plusieurs dirigeants européens dont le général Charles de Gaulle qui lance aux Français, à partir du 18 juin 1940, à la radio, des appels à la Résistance… » (Source : Hérodote.net)

       

Le bilan humain de la Seconde Guerre mondiale

« L’énormité des moyens de destruction à l’œuvre sur plusieurs continents, les massacres restés inconnus, le mélange, chez les victimes, de civils et de militaires aux statuts parfois mal définis, sont quelques-unes des raisons qui rendent impossible un décompte précis des morts.

Selon le Mémorial de Caen, cité de l’histoire pour la paix, le bilan humain s’élèverait à 60 millions de morts dont 35 millions de civils.

Pour la France : 220 000 morts militaires, 310 000 morts civils soit un total de 530 000 morts.

         

Un choc moral sans précédent

« La stratégie de la terreur, la découverte incessante de nouveaux charniers, le désarroi face à l’étendue des souffrances, l’incompréhension devant l’horreur de l’univers concentrationnaire et le sentiment d’épouvante attaché à la conscience progressive du génocide expliquent la violence, la profondeur et les effets durables du choc moral provoqué par la guerre. L’industrie de la mort et les peurs d’une apocalypse nucléaire ébrèchent l’espoir d’un progrès continu de la science.

Les années de guerre ont appris à vivre dans un environnement quotidien de violences aveugles, de traitements inhumains, de haine raciale, d’agressions, de contournements de la règle et de comportements en marge de la loi qui ne surprennent plus. La banalisation du pire appartient à l’héritage tragique de la Seconde Guerre mondiale.

La guerre totale et sa dimension planétaire bouleversent l’état du monde. L’hécatombe la plus meurtrière de l’histoire provoque un traumatisme tel qu’il conduit les Alliés à traduire les responsables de l’Axe devant des tribunaux militaires internationaux. La volonté de construire un nouvel ordre du monde, qui établirait les conditions d’une paix durable, débouche sur la création de l’Organisation des nations unies (ONU) en juin 1945. »

        

Notices biographiques des soldats montamiséens « Morts pour la France »

       

Taveau de Morthemer Marie, Charles, Adrien, Hilaire « Mort pour la France »

Prénom usuel Hilaire, il est né le 19 juillet 1914 à Poitiers. Il est le fils de François, Georges, Hilaire Taveau de Morthemer et de Marie de Lamote Baracé. Célibataire et domicilié au château de Corsec à Montamisé. Son grand-père Adrien de Morthemer fut maire de Montamisé de 1900 à 1914.

Il va s’engager pour 4 ans le 20 octobre 1932 au titre du 1° Bataillon de Dragons, réformé temporaire par la commission de réforme de Versailles le 25-1-1933, contrat d’engagement résilié le 28-1-1933.

Rappelé à l’activité par le décret de mobilisation le 2-9-1939 et affecté comme soldat au 20°RANA, Etat-Major, 14°groupe, secteur 130, il a été tué le 14 juin 1940 au lieu-dit « La Piquette » sur la commune de Louvemont (Haute Marne). Son acte de décès a été transcrit à Montamisé le 14-9-1940. Il est titulaire de la Croix de Guerre avec palme.

Le 20° Régiment d’artillerie nord-africaine est commandé le 10 mai 1940 par le LCL Malmary et constitue le régiment d’artillerie divisionnaire de la 3° division artillerie nord-africaine, il « rejoint Mouzon dans les Ardennes le 16 octobre 1939. Il participe à la campagne de 1940 dans la Meuse et l’Argonne puis en Woëvre et couvre le repli de sa Division en direction des Vosges. Sa batterie antichar se distingue à Charmont dans la Marne le 13 juin, en détruisant de nombreux blindés allemands au prix du sacrifice de 42 artilleurs (la batterie est citée à l’ordre de l’Armée). Le chef de corps est fait prisonnier près de Contrexéville le 21 juin et le régiment cesse le combat le 23 juin et disparaît dans la région de Vittel. » (Source : Base documentaire artillerie BAS’ART).

 

Giraud Gérard, Roger « Mort pour la France »

Il est né le 12 juillet 1914 à Montamisé, village de Charassé, fils de Jean, René, François Giraud, cultivateur et Pivardière Alice. Il va se marier le 26 décembre 1932 à St Benoît avec Blanchard Raymonde, Eugénie.

D’abord cultivateur, il sera engagé volontaire par devancement d’appel pour deux ans le 17 avril 1935 à la sous-intendance de Poitiers. Arrivé au corps le 19-10-1935 à la 4°batterie d’école, brigadier le 20 octobre 1935. Passé au petit état-major de l’école militaire d’artillerie de Poitiers le 1-1-1936. Rengagé pour un an le 28-3-1936, brigadier-chef le 1 juin 1936. Maréchal des Logis le 1 février 1937, rengagé pour deux ans le 23-2-1938 pour le petit état-major de l’EMA de Poitiers. Passé au centre de mobilisation d’artillerie n°9 le 2 septembre 1939 à la mobilisation générale.

Parti aux armées le 12-9-1939 au 219°RA, décédé le 16 mai 1940 aux environs d’Hirson dans l’Aisne et inhumé au cimetière de Jeantes (Aisne).

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Montamisé (avec une erreur d’orthographe, Girault au lieu de Giraud).

          

Tournat Pierre, André « Mort pour la France »

Il est né le 14 mai 1916 à La Souterraine (Creuse), fils de Pierre, Joseph Tournat et Baudenne Marie, Léonore.

Son père, Pierre Joseph, avait de nombreux talents : d’abord cultivateur puis peintre, musicien et restaurateur bien connu à Montamisé, ce fut également un grand résistant, il fut arrêté le 4 août 1943 par la SAP (section des affaires politiques) et emprisonné à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers puis déporté au camp de Buchenwald en décembre 1943. Il est revenu à Montamisé le 18 juin 1945.

Soldat de 1°classe au 225°RA, il est tué au combat le 1 juin 1940 à Leffrinckoucke (Nord).

Son acte de décès a été transcrit le 6 mai 1942 à Montamisé. Son nom figure sur le monument aux morts de Montamisé. Il est inhumé au cimetière de Montamisé dans le caveau familial de la famille Tournat.

    

Point Théodore « Mort pour la France »

Il est né le 21 mai 1903 à Lusignan, fils de Pierre Point, cultivateur et Carlouet Louise. Il se marie le 14 avril 1936 à Montamisé avec Maupin Aimée, Valentine. Il est domicilié à Montrouge, commune de Montamisé où il exerce la profession de cultivateur.

Soldat au 52° RAD, il est décédé, de maladie, le 2 octobre 1942 à Drawöhnen (Allemagne), aujourd’hui cette ville est située en Lituanie. Il était prisonnier de guerre au stalag I B avec le matricule F 52643. Ce camp était situé près d’Hohenstein, en Prusse orientale (aujourd'hui Olsztynek, Pologne), il avait une très mauvaise réputation, des conditions difficiles, la malnutrition, les mauvais traitements et épidémies de typhoïde ont conduit à de nombreux morts parmi les prisonniers.

L’acte de décès fut transcrit à Montamisé le 11 juin 1943.

Son nom figure sur le monument aux morts de Montamisé avec une erreur sur le prénom (Henri au lieu de Théodore, tous ses actes d’état-civil ainsi que son registre matricule indiquent un seul prénom : Théodore).

        

Pichault Gilbert, Désiré « Mort pour la France »

Il est né le 10 janvier 1917 au village de Charassé, commune de Montamisé, fils de Désiré, Louis Pichault, journalier et Mauduit Marie, Anne. Il exerce la profession de cultivateur.

Le 20 octobre 1937, il est affecté au 3°Régiment d’artillerie coloniale pour y faire son service, trompette de 2°classe le 8-11-1938. Il est classé soutien de famille le 7 janvier 1938.

Son nom figure sur le monument aux morts de Montamisé, probablement au titre de victime civile d’acte de guerre. Son registre matricule n’indique rien, pas de fiche biographique sur le site « Mémoire des Hommes » du Ministère de la Défense, le Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (BAVCC) à Caen qui dépend du SHD ne dispose pas de dossier sur lui…

Aux Archives Départementales de la Vienne on trouve sa fiche de prisonnier de guerre, il était soldat au 3°RA et prisonnier au stalag IV D avec le matricule n°69306. Le stalag IV D a été installé à une vingtaine de kilomètres de Leipzig, dans la petite ville de Torgau avec environ 18.000 P.G. (13.853 début 1945). A noter que son frère, Raymond, Louis Pichault, soldat au 95°RI fut lui aussi prisonnier de guerre au stalag I A avec le matricule 8571 FZ. Le Stalag IA, situé en Prusse Orientale, près de Preussische-Eylau, était le plus oriental des camps de prisonniers de guerre.

D'après les souvenirs de Robert Laverré qui a bien connu sa famille: "Gilbert Pichault fut prisonnier de guerre et libéré vers 1943-1944 pour soutien de famille, ouvrier agricole dans une famille Boutin à La Puye, il fut tué par "des Hindous" supplétifs de l'armée allemande avec Pierre Boutin en allant chercher du pain au bourg de La Puye". Sans doute ont-ils été pris pour des résistants. Il est décédé le 28 août 1944 à La Puye.

       

Note : « La légion SS de l’Inde libre (en allemand : SS Freies Indien Legion) est une unité de volontaires indiens de la Waffen-SS, essentiellement recrutés par Subhash Chandra Bose dans les camps de prisonniers allemands en Afrique du nord pour combattre les Britanniques au nom de la lutte contre le colonialisme. »
(Source : Wikipedia)

« Lors de la retraite allemande, les exactions de la légion indienne commencèrent lors de leur passage en Charente et elles se multiplièrent par la suite. Les légionnaires réquisitionnaient de la nourriture et des moyens de transport (jusqu'à des landaus qu'ils attachaient derrière des bicyclettes), mais ils tombaient dans les embuscades des maquisards et se vengeaient, pillant et brûlant des maisons, violant des femmes et exécutant des personnes suspectées d'appartenir à la résistance. La plupart des compagnies indiennes avaient été placées dans les détachements précurseurs de la colonne. Formés surtout de troupes à pied ou à vélo, ces groupes d'avant-garde possédaient en outre quelques véhicules légers et des canons de petit calibre. Ils étaient chargés d'ouvrir le chemin et d'éliminer les obstacles, autrement dit de « nettoyer » les routes et les agglomérations situées sur les itinéraires… » (Source : Jean-Louis Laubry).

Gilbert Pichault a été inhumé au cimetière de Montamisé. Sur sa tombe figure l’épitaphe suivante : « Ici repose Gilbert Pichault, né le 10 janvier 1917, Mort pour la France, fusillé par les allemands le 29 août 1944, à l’âge de 27 ans, regrets éternels » Sa plaque mortuaire indique 28 août 1944 comme date de décès.

      

Complément : soldat natif de Montamisé ne figurant pas sur le monument aux morts

Mercier Daniel, Augustin

Il est né le 22 décembre 1913 à Montamisé au village d’Ansoulesse, fils d’Alphonse Mercier, cultivateur et Chenagon Louise, Marguerite. Il exerce la profession de cultivateur

Affecté le 23 avril 1935 au 24°RI pour y faire son service. Il sera rappelé à l’activité par le décret de mobilisation et part aux armées le 3-9-1939 pour le 24°RI, évacué sur l’hôpital de Poitiers le 21-12-1939, il rejoint son unité le 5-1-1940.

Soldat au 24°RI, « Mort pour la France », le 9 juin 1940 à la ferme de Pargny, commune de Château-Porcien (Ardennes) des suites de ses blessures. Il est cité à l’ordre du régiment « Très bon mitrailleur, courageux et méritant, il a été blessé à son poste au cours d’une violente attaque ennemie », il est titulaire de la Croix de Guerre.

Son nom figure sur le monument aux morts de Dissay (avec une erreur de date, « 19 juin » au lieu de 9 juin).

       

Sources :

  •  AD 86 registres d’état-civil en ligne et en salle de lecture, registres matricules : cotes 9-R2 -270, 264, 293.
  • AD 86 fichier des prisonniers de guerre cote 133 W 5
  •  Site internet « Mémoire des Hommes » seconde guerre mondiale, SGA, Ministère de la Défense.
  • Service Historique de la Défense (SHD) BAVCC de Caen.
  •  Site internet « Hérodote.net ».
  •  Site internet du Mémorial de Caen, cité de l’histoire pour la paix.
  • Mairie de Montamisé registres d’état-civil.

     

        

Montamisé, le 7 janvier 2016

 Article de Jean-François LIANDIER