Accès directs


Origine du nom de Montamisé

Entre légende et réalité

Le texte le plus ancien, que nous connaissions sur Montamisé remonte au Xe siècle.

En 964, Ebles évêque de Limoges, donne à l’abbaye de St Maixent des héritages situés à Sivrec “in villa que dicitur Sivrec-Montem, qui est situs in parrochia sanctae Marie de MONTE TAMISERIO”. (Dom Fonteneau T XV p 132).

Monte Tamisério, c’est le « Mont des Tamisiers ». Les tamisiers, fabricant de tamis, étaient une profession très répandue avant 1789.

Dans son dictionnaire topographique de la Vienne, Louis Redet nous montre les évolutions du toponyme de Montamisé au cours des siècles.

Ainsi nous voyons que la graphie « Monte Misérii » avec différentes variantes que l’on a traduit « Mont Misère » n’est apparue qu’aux XIII° et XIV° siècles.

Un amalgame a été fait à tort entre la légende « du vif-argent versé dans la rivière pour la faire disparaître et apporter la misère dans le village… » et la graphie « Mont Misérii ».

La réalité est toute autre. D’abord il n’y a pas concordance des temps. Le ruisseau « le Charassé » a disparu en 1719 (début XVIII° siècle) et l’explication de sa disparition est géologique.

Dans son livre « Moulière, la forêt des pierres » Michel Granger nous raconte l’histoire de ce ruisseau :

« Jusqu’au début du 18 siècle, un ruisseau, le Charassé, traversait Moulière, séparant le massif principal de sa partie sud appelée le Bignolas.
Ce ruisseau dont parlent les Sentences de Fontenay, était barré par trois fois, créant autant de pièces d’eau toutes en longueur. Ainsi en partant du château des Meurs jusqu’à celui de Corsec, s’étendaient, long et tortueux chapelet aquatique, les étangs du Roi, de la Maîtrise et de Corsec. Ce dernier alimentait directement le moulin du même nom, bâti en 1604. Les lieux sont encore fortement marqués par leur histoire et les emplacements des digues des anciens étangs sont encore perceptibles.
Si certains, portés sur les enchantements, attribuent la disparition du ruisseau à « un mauvais esprit qui répandit du vif-argent » (entendez le mercure des alchimistes !) pour priver Montamisé de sa rivière, la réalité est plus géologique… Un effondrement karstique s’est produit en 1719 et depuis, les eaux s’écoulent maintenant jusqu’à la vallée du Clain dans un parcours exclusivement souterrain.
».

Mais lors de pluies abondantes et prolongées, les eaux retrouvent un cours oublié, il se produit alors de véritables inondations…les vallées sèches redeviennent humides, renouant avec de vieilles traditions.

Image associée à l'article

Bassin du Charassé entre Les Meurs et Corsec :

Nota : pour la petite histoire, sachez qu’il existe un hameau nommé « Montamisé » dans la commune de Bessines (79), canton de Frontenay-Rohan-Rohan, arrondissement de Niort.

Sources :

  • Louis Redet dictionnaire topographique de la Vienne (1881)
  • Léo Fayolle, notes de toponymie poitevine, BSAO 1928-1930
  • Pierre Gauthier « Noms de lieux du Poitou » éditions Bonneton
  • Michel Granger « Moulière la forêt des pierres » (LPO Vienne)

Jean-François LIANDIER
Montamisé le 5 avril 2010