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Petite histoire de la fête de Montamisé

           

La fête communale de Montamisé qui a lieu le dimanche le plus proche du 22 mai, a des origines très anciennes.

Une origine religieuse et païenne

Elle prend sa source dans la fête religieuse de Sainte Quitère (Quitterie) ancienne patronne de la paroisse de Montamisé, dont le culte remonte au 16° siècle. Cette fête était célébrée le 22 mai et donnait lieu à un pèlerinage et une foire ou assemblée.

Il nous reste de cette époque notre vieille cloche « Sancta Quitéria » datée de 1583 et divers témoignages dans les archives :

Au 17° siècle le seigneur de la Roche de Bran à des droits sur la foire ou assemblée de la « Ste Aquitaire », il perçoit un double de chaque marchand qui étale sa marchandise sur la place publique connue sous les noms de « la Treille » ou « l’Ebat » ou « Passe-temps ». Devant le succès de cette foire, celle-ci va déborder sur le cimetière attenant à l’église et contigu à cette place. Devant se conformer à l’interdiction royale de « tenir foires dans les lieux saints et cimetières » le seigneur de la Roche de Bran va affecter une pièce de terre lui appartenant, à titre d’annexe, entre le chemin de la Roche à Poitiers et le chemin d’Ensoulesse, par un acte du 18 mai 1641. Mais le chapitre de Notre Dame la Grande, autre grand propriétaire sur Montamisé va contester ces droits et porter le différend devant le Parlement de Paris qui par un arrêt du 23 avril 1646 va renvoyer les plaideurs dos à dos « défense leur est faite de lever ces droits à l’avenir, la place de la Treille étant déclarée d’utilité publique ».

On retrouve l’annonce de cette foire dans les almanachs du Poitou de 1766 à 1780 comme ayant lieu le 22 mai. Ensuite les différents annuaires de la Vienne au 19° siècle et début du 20° siècle font état de plusieurs foires : 1°mardi de février, 5 avril, 21 mai. Puis à partir de 1933, le même annuaire nous indique que la foire du 21 mai…

La fête de la « Loue » ou de la « Louée »

Elle a pour origine l'embauche des ouvriers agricoles qui venaient lors de cette assemblée du 21 mai, « louer » leurs services à un patron, dans leurs beaux costumes, une rose ou un œillet à la boutonnière, on discutait salaire, conditions de travail, avantages en nature et tout cela se terminait à l’auberge…

A noter que cette pratique sociale agricole n’est pas spécifique à Montamisé, on la retrouve dans la France rurale au début du XX° siècle où les domestiques, journaliers, garçons de ferme… venaient deux fois par an (à la Saint-Jean pour les 4 mois d'été et à la Saint-Michel pour les 8 autres mois de l'année) "se louer" aux patrons sur la place du village.

Ce « marché de l’emploi » avec son folklore sympathique disparut progressivement après la seconde guerre mondiale. La foire se transforma en marché (le dimanche le plus proche du 22 mai, d’après l’annuaire de la Vienne de 1950) avec manèges et diverses animations…

Enfin en 1955 une équipe de passionnés : Gilbert Amand, Pierre Jovanneau, Achille Pineau et Roger Pivardière vont fonder le grand prix cycliste de Montamisé dont le premier vainqueur sera Pierre Beuffeuil.
Aujourd’hui indissociable de la fête communale, le grand prix cycliste, 57° du nom, perdure grâce au dévouement d’une longue lignée de passionnés et de bénévoles qui œuvrent dans la tradition de « l’assemblée » à faire de cette fête un grand moment sportif et convivial.

Sources :

  • Salvini Joseph, « La Roche de Bran victime de guerre »BSAO 4°série, tome 1, 1949-1951.
  • Barbier de Montault Xavier, « Notice sur la commune de Montamiser », BSAO 1°série, tome 13, 1871-1873.
  • Liandier JF, « Le Picton » « le culte de Ste Quitère à Montamisé », n° 197, sept-oct 2009.
  • CP du 19-5-2004 article de Pierre Pain.

         

Montamisé le 5 mai 2011
Article de Jean-François Liandier