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Portrait de Pierre Getten

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 I) Préambule

Les Montamiséens se souviennent de Pierre Getten, comme étant l’ancien propriétaire du château de Sarzec. Il fit une brillante carrière dans la haute administration puis dans la sphère privée.

  

II) Son grand-père, Pierre, Adrien Getten

Il est né le 7 septembre 1817 à Nay (64), fils de Jean Getten, négociant et Ursule Dupeyré. Il exerce une carrière d’inspecteur des contributions à Oran (Algérie) puis de directeur des contributions de la province d’Oran. Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 10-8-1853. Il épousera Rosalie, Léontine Chéronnet et décédera en 1878.

     

III) Son père, Maxime Getten

« Maxime Getten (né le 01/10/1857 à Oran, en Algérie, et mort en 1934) est ingénieur des Ponts et chaussées.

Après l'École polytechnique de 1876 à 1878, il démarre sa carrière comme ingénieur des Ponts et chaussées ordinaire en 1880.

Affecté au service du Canal de la Haute-Seine jusqu'en 1885, il participe à une étude de chemins de fer stratégique de l'Aube. 

Détaché au ministère de la Marine et des Colonies, il est nommé à l'organisation et à la direction du service des travaux publics au Tonkin. Il participe aux travaux de défense de la ville de Hanoï (Vietnam) contre les inondations du Fleuve rouge puis est missionné à Hong-Kong et Canton.

Entre 1887 et 1888, il est détaché au ministère des Affaires étrangères comme secrétaire de la Commission des chemins de fer du Tonkin, avant d'être nommé ingénieur en chef du chemin de fer de San-Cristobal à Tucuman (Argentine) pour l'étude, la construction et l'exploitation de la ligne.

Chargé du service du contrôle de l'exploitation des chemins de fer de l'est, il est par ailleurs détaché au ministère de la Marine comme membre rapporteur de différentes commissions techniques.

Missionné aux Indes, il réalise le rattachement des ports de Pondichéry et de Karikal par voie ferrée au réseau du South Indian Railway.

Dès 1896, il est nommé ingénieur en chef d'Oran (Algérie) et est affecté au service maritime pour l'éclairage et le balisage.

Il prend la direction générale de la Compagnie française des chemins de fer de l'Indochine et du Yunnan en 1901 et dirige à ce titre la construction de la ligne qui relie Hanoi à Yunnanfou.

Ingénieur de la Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien en 1908, il dirige les travaux de construction de la ligne qui relie Djibouti à Addis-Abeba. Il en sera nommé Président du Conseil d'administration en 1922.

Il préside également la Compagnie indochinoise de navigation tout en étant membre de commissions et congrès à l'Exposition coloniale internationale de Paris, en 1931.

Distingué Officier de la Légion d'honneur en 1903, il est aussi titulaire de la Grande médaille d'or de la Fondation Lucien de Reinach et de la Grand Croix de l'Étoile d'Éthiopie.

Enfin, Maxime Getten est élu membre titulaire de la 3e section de l'Académie des sciences coloniales dès sa fondation en 1923. » (1)

        

IV) Pierre, Louis GETTEN

  

Etat-civil

Naissance le 11 mars 1894 à Paris 17° arrondissement, fils de Maxime, Marie, Alexandre Getten et Marie, Jenny, Léopoldine, Lucie Lombré.

Mariage le 24 octobre 1918 à La Rochelle avec Yvonne, Jeanne, Marie, Louise Vast-Vimeux.

Décès le 24 décembre 1969 à Paris 17° arrondissement.

Après de brillantes études (diplôme d’études supérieures de droit, diplôme de l’école des sciences politiques) il entre au Conseil d’Etat comme auditeur et terminera Maître des requêtes après une carrière de 10 ans au Conseil d’Etat (1920-1930).

           

Services militaires

Mobilisé du 1 septembre 1914 au 31 août 1919, il est lieutenant au 123° Régiment d’Infanterie (le régiment de La Rochelle), deux blessures de guerre entraineront une pension d’invalidité de 30%.

Capitaine de réserve, il sera de nouveau mobilisé du 1 septembre 1939 à septembre 1940. Arrêté par les allemands le 9 juin 1944, il sera envoyé au camp de Royallieu et libéré, miraculeusement, quelques jours plus tard (situé à Compiègne, c’était un camp de transit et d’internement nazi, ouvert de juin 1941 à août 1944).

           

Services civils et activités professionnelles

Il est administrateur de la SNCF en 1938.

Président de la SCETA en 1942 (La Société de contrôle et d’exploitation des transports auxiliaires, plus connue sous le sigle Sceta, est une société de transport française. Constituée le 1er janvier 1942, la Sceta résulte du regroupement des anciens services automobiles de la SNCF. Elle a fusionné en 1995 avec Calberson pour former le groupe Geodis).

Président de la compagnie française des chemins de fer de l’Indochine et du Yunnan.

Directeur du cabinet du président de la Haute-Commission Interalliée des territoires rhénans (2) de 1927 à 1930.

Chef de la mission française d’achat d’armement en Belgique et aux Pays-Bas de 1939 à 1940.

Mission de réorganisation des services administratifs et financiers du protectorat tunisien (1925-1926).

Mission dans les territoires rhénans occupés (Coblence et Wiesbaden du 1-1-1927 au 30-6-1930).

Administrateur de diverses sociétés…

Il sera aussi président de la fondation Lannelongue d’hygiène sociale (Institut Lannelongue). « C’est en 1911que  le Pr. Odilon LANNELONGUE, chirurgien, Professeur à la faculté de médecine de Paris et Président de l’académie de médecine, lègue une partie de sa fortune pour créer en France une œuvre « d’intérêt national ou international d’ordre scientifique ou social », portant son nom. »

          

Ses distinctions honorifiques

  • Chevalier de la Légion d’Honneur le 16 mars 1921
  • Officier de la Légion d’Honneur le 9 février 1930
  • Commandeur de la Légion d’Honneur le 30 mai 1959
  • Croix de Guerre
  • Officier de Léopold 1° de Belgique
  • Commandeur du Nicham Iftikar (Crée en 1837 par le Bey de Tunis Ahmed, cet ordre dont le nom signifie « Ordre de la Victoire » fut l’Ordre national tunisien.»  Il a été décerné jusqu'à l'abolition de la monarchie husseinite le 25 juillet 1957.C

             

Pierre Getten à Montamisé

Le château de Sarzec propriété des époux Chocquin de Sarzec va revenir à leur fils unique Henry en 1901. Henry Chocquin de Sarzec va le vendre le 7 septembre 1911 à René Brouillet (3), conseiller général de la Vienne (celui-ci est le cousin germain du célèbre peintre André Brouillet).

En décembre 1944, Mme veuve René Brouillet, vend le château de Sarzec à Pierre Getten et son épouse, née Vast-Vimeux qui est la nièce de René Brouillet.

Au décès en 1969 de Pierre Getten, le château va rester encore quelques années dans la famille puis sera vendu à M. et Mme Pierre Guénant.

Dans les années 1990, Jacques Getten (fils de Pierre Getten) va faire don à la commune de deux tablettes d’argile en écriture cunéiforme (vous retrouverez leur histoire sur le site internet communal, ainsi que celle d’Ernest Chocquin de Sarzec).

Pierre Getten a connu deux guerres mondiales qui l’ont sans doute marqué, sa force de caractère, sa rigueur, sa compétence ont fait du haut-fonctionnaire, dans les périodes troublées de ce 20° siècle, un homme de terrain, solide dans ses convictions, son pragmatisme dans le management des hommes et des affaires l’a fait évoluer de la sphère publique à la sphère privée où il trouva la reconnaissance de son expérience.

           

Sources

  • Base Léonore dossier de Légion d’Honneur de Pierre, Adrien Getten, n°notice L1127021
  • Base Léonore dossier de Légion d’Honneur de Maxime Getten, n°notice c-303680
  • Base Léonore dossier de Légion d’Honneur de Pierre, Louis Getten, n°notice c-329386
  •  (1) site internet « Académie des sciences d'outre-mer »
  • AD 75 archives état-civil en ligne

(2) Note sur la Haute commission interalliée des territoires rhénans :

« Autorité d'occupation et d'administration de la Rhénanie par les puissances alliées entre décembre 1918 et juin 1930, constituée par la France, la Grande-Bretagne, la Belgique et les États-Unis sur la base du traité de Versailles et de l'Arrangement rhénan du 28 juin 1919 ».

(3) Note sur René Brouillet : Ancien élève de Polytechnique, avocat à la cour de Paris (1883-1885), conseiller de préfecture, sous-préfet, directeur du cabinet du gouverneur général de l’Algérie puis chef du service de l’Algérie au ministère de l’intérieur…

           

Mes remerciements à M Jacques Getten pour son accueil, ses informations et la photo de son père qu’il a eu la gentillesse de me communiquer.

  

  

Montamisé, le 2 septembre 2015

Article de Jean-François LIANDIER