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Portrait de Victor Joseph Laverré

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Ancien combattant de 14-18, Chevalier de la Légion d’Honneur

  

Préambule

L’année 2014 sera l’année de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale.
« La mémoire sociale et familiale de la Première Guerre mondiale est extrêmement présente dans notre société, avec toute une série d’interrogations sur le conflit ».

La commémoration de l’armistice reste un moment fort de la vie civique. Comprendre et honorer, se recueillir sur le souvenir des disparus, mais aussi se rappeler la fragilité de la cohésion sociale et de la paix.

  

Sa situation familiale

Victor Joseph Laverré est né le 25 juin 1892 à Montamisé, au village de Charassé, il est le fils de Jean Victor Laverré, fermier et de Léontine Jeanne Bodin.

Il se marie le 13 juillet 1920 à Bonnes avec Charlotte Anna Bernard, celle-ci est née le 24 octobre 1894 à Montamisé, fille de Charles Xavier Bernard et Marie Alphonsine Richard.

Son registre matricule nous le décrit comme ayant : les cheveux châtains foncés, les yeux bleus, le front vertical, le nez moyen, le visage ovale et la taille 1,71 m. Il va d’abord exercer la profession de cultivateur à la ferme familiale de Charassé, puis va faire son service militaire le 10 octobre 1913 et la guerre arrive…

 

Sa situation militaire

D’abord affecté au 154° Régiment d’Infanterie. Le 14 janvier 1915, sous les ordres du colonel Jampierre, le 154°RI se trouve en Argonne, au bois de la Grurie, où il fera un long et dur séjour de 7 mois. « Les adversaires sont à quelques dizaines de mètres les uns des autres… le fusil a fait place au pétard, aux engins de tranchées, à l’horrible mine… c’est la lutte âpre et incessante, la vie dans la boue, le travail dans l’eau glaciale, une usure des forces et des nerfs… » Le 4 février 1915, dans ce bois de la Grurie, le soldat Victor Joseph Laverré sera blessé d’une « plaie pénétrante au coude par éclats d’obus ».

Puis c’est le grand drame de Verdun, le 154°RI y fait son entrée le 12 mars 1916 sous les ordres du LCL Buisson, il y restera jusqu’au 1 juin 1916. Le régiment tient le secteur Mort-Homme, bois des Caurettes, les bombardements et les combats font rage, Victor Joseph Laverré y sera une deuxième fois blessé le 7 mai 1916 d’une « plaie région lombaire gauche par éclats d’obus ».

Le 9 septembre 1916, il est affecté au 96°RI, ce régiment se trouve dans le secteur de l’Argonne du 6 septembre au 17 décembre 1916, puis à Vauquois du 17 décembre 1916 au 18 janvier 1917, la Cote 304 – Avocourt, le régiment est alors commandé par le colonel Bigeard, « le froid est devenu si vif que les hommes luttent jour et nuit contre l’engourdissement, le thermomètre descend à 22° au-dessous de zéro le 4 février… la température est si basse que le pain et le vin sont gelés, le sol se transforme en glace jusqu’à 40 cm…». Victor Joseph Laverré, le 13 août 1917 est cité à l’ordre du régiment « Bon soldat, ayant toujours accompli son devoir, blessé deux fois ».

Après 10 mois d’occupation de ce secteur tourmenté, le 96°RI sous les ordres du LCL Caré, va entreprendre le 20 août 1917, la conquête du Mort-Homme. C’est lors de cette attaque que Victor Joseph Laverré sera blessé une troisième fois par balles à « l’extrémité inférieure de la jambe gauche ». Il est nommé caporal le 1 mars 1918.

Puis le régiment se trouve en Alsace du 9 octobre 1917 au 27 mars 1918 et va s’engager dans la bataille des Monts de Flandre du 29 avril au 15 mai 1918. Il est blessé une quatrième fois le 30 avril 1918, atteint « de plaies de la région intercostale droite, de la face antérieure jambe droite, de la main droite, région métacarpienne par éclats d’obus de grenade ». Il sera cité à l’ordre du régiment le 23 août 1918 « Gradé qui a toujours fait preuve d’une bravoure et d’un entrain remarquables. Toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses. Blessé pour la quatrième fois en tête de sa section en montant à l’assaut d’une position ennemie le 30 août 1918 ». Il est nommé Sergent le 25 mars 1919.

La guerre est finie et une autre carrière va s’ouvrir pour lui dans la gendarmerie. Le 17 mai 1919, il est gendarme stagiaire à la 15°Légion de gendarmerie puis gendarme le 15 novembre 1920, il est promu Maréchal des Logis Chef le 15 octobre 1925, passe à la 5° Légion de gendarmerie le 12 novembre 1925, et admis dans le corps des sous-officiers de carrière le 31 mars 1928, puis affecté à la 9° Légion de gendarmerie le 10 mars 1930. Il est promu Adjudant le 10 février 1935.

Pour ses nombreux faits d’armes, il sera décoré :

  • Médaille Militaire à compter du 16 juin 1920
  • Croix de Guerre avec 2 étoiles de bronze
  • Médaille Commémorative de la Grande Guerre
  • Médaille de la Victoire
  • Chevalier de la Légion d’Honneur (nous ne connaissons pas sa date de nomination, son dossier étant  sur la base Léonore de la Grande Chancellerie, mais non communicable).

   

Victor Joseph Laverré décède le 7 juin 1974 à St Maixent l’Ecole à l’âge de 81 ans.

     

Sources

  • AD 86 Registre matricule numérisé (RM n°1334, classe 1912, BR de Châtellerault).
  • AD 86 Registres d’état-civil numérisés en ligne.
  • Historique du 154° RI, imprimerie Berger-Levrault 1919.
  • Historique du 96° RI, imprimerie Berger-Levrault 1919.
  • Illustration : Wikipédia, "Une tranchée française en 1916" (libre de droits)

      

Montamisé, le 6 novembre 2013

Article de Jean-François LIANDIER