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Portrait d’Hilaire Dubois

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Ancien soldat de Napoléon Ier et médaillé de Ste Hélène

       

Sa situation familiale

Hilaire Dubois est né le 12 avril 1790 à St Georges-lès-Baillargeaux, fils de Jean Dubois, vigneron et Marie Auzannet.

           

Sa situation militaire

Le recrutement

La conscription oblige tout citoyen de 20 à 25 ans à faire un service militaire… « Lorsqu’une levée est décidée, le Préfet du département est informé du nombre d’hommes à fournir… On organise alors une revue des conscrits pour vérifier les éventuelles inaptitudes liées à la taille où un handicap, on note également les exemptés (fils de veuves, ainés d’orphelins) puis on effectue un tirage au sort. Quand les familles sont suffisamment riches, elles peuvent payer un remplaçant qui va échanger son bon numéro contre celui de leur fils… ». Les conscrits sont ensuite envoyés au dépôt pour y recevoir une instruction militaire avant d’être envoyé dans un régiment.

Le conseil de recrutement

Le 22 janvier 1809 a lieu le conseil de recrutement du canton de St Georges, pour les opérations de la conscription de la classe 1810. Le conseil se tient dans une salle de l’hôtel de ville de Poitiers sous la présidence de Jean-Louis Bourgeois, conseiller de préfecture, représentant le Préfet, assisté du capitaine de la gendarmerie impériale, du capitaine du recrutement et des Maires du dit canton (pour Montamisé il s’agit de Toussaint Fradin). Après avoir vérifié la liste générale des conscrits et porté à leur connaissance les textes officielles sur la conscription, on procède au tirage au sort dans les formes prévues par la loi, ainsi qu’à l’examen des conscrits.

Sur les 65 conscrits de la classe 1810 du canton de St Georges, 14 vont se trouver réformés pour « défaut de taille ».

Pour Hilaire Dubois, nous avons la description suivante : Taille 1,445m, Cheveux noirs, Sourcils noirs, Yeux bleus, Front bas, Nez gros, Bouche grosse, Menton à fossettes, Visage ovale, Teint clair.

Hilaire Dubois va se retrouver réformé pour « défaut de taille », il faut savoir que la taille minimale pour être apte au service est de 1,50 m à ce moment (elle varie suivant les années et sans doute les besoins)… D’une manière générale la taille des conscrits du monde paysan est petite.

Son exemption ne va pas durer longtemps, le tableau général des conscrits de la classe 1810, nous apprend que le 29 mars 1809, il est incorporé au 45° Régiment d’Infanterie de Ligne. Les campagnes militaires de Napoléon sont gourmandes en hommes : guerre d’Espagne, campagne de Russie etc… ont creusé les rangs…

Une vie de soldat de Napoléon

D’octobre 1813 à 1815, il est affecté comme chasseur à pied au 4° Régiment d’Infanterie Légère et participe aux campagnes de Breda (Pays-Bas) et Anvers (Belgique) où il sera plusieurs fois blessé, notamment en sauvant son capitaine, il reviendra boiteux de ses campagnes.

Le siège d’Anvers

Lazare Carnot nommé gouverneur d’Anvers, en janvier 1814, est retranché avec la garnison française et résiste aux forces coalisées européennes jusqu’à l’armistice signé par Louis XVIII après l’abdication de Napoléon I°.

Il faut imaginer la dureté de la vie quotidienne de ces soldats, les souffrances endurées, les fantassins parcouraient de longues distances à pieds, lourdement chargés, ils couchaient le plus souvent à la belle étoile ou sur la paille de quelques granges. Les conditions sanitaires déplorables, les épidémies firent bien souvent plus de morts que les combats…

          

Retour à la vie civile

Il fallait qu’Hilaire Dubois soit d’une solide constitution pour avoir échapper à tous ces périls, il revient tout de même boiteux.

Il retrouve la maison familiale, au village de Bonillet et travaille comme journalier. Le 24 novembre 1818, il se marie à Chasseneuil avec Marie Girault, fille de Jean Girault et Marie Boué.

         

Médaillé de Ste Hélène

La médaille de Sainte Hélène, créée par un décret du 12 août 1857 de Napoléon III, récompense les 405000 soldats encore vivants en 1857, qui ont combattu aux côtés de Napoléon 1er pendant les guerres de 1792-1815 (voir l’article sur les médaillés de Ste Hélène de Montamisé).

A cette époque, Hilaire Dubois habite au village de Fontaine sur la commune de Montamisé (Fontaine a la particularité d’être situé sur trois communes : Montamisé, St Georges et Chasseneuil). Les recensements de la commune de Montamisé, indiquent sa présence à partir de 1851 au village de Fontaine.

Le Maire de Montamisé, Alfred Ballu, établi le 23 août 1857, un mémoire de proposition où figure Hilaire Dubois, il est précisé « les pièces de cet ancien militaire sont perdues, nous l’avons inscrit sur sa déclaration et celle des habitants de ce pays ».

Le 28 novembre 1873 à 2 heures du matin, s’éteint Hilaire Dubois, âgé de 83 ans en son domicile de Fontaine à Montamisé. Sur son acte de décès, il est indiqué comme rentier, il s’agit probablement de sa rente de médaillé de Ste Hélène…

Ainsi disparaissait ce vieux soldat de Napoléon, témoin d’une épopée, humble artisan d’une grande page de notre histoire dont le bilan politique et économique est très contrasté et le coût humain exorbitant…

       

Sources et bibliographie

  • AD 86 Etat-civil numérisé en ligne.

  • AD 86 Liste générale des conscrits de la classe 1810, cote 1 R 56.

  • AD 86 Tableaux des conscrits Année 1810, cote 9 R 6 – 13.

  •  AD 86 Dossiers des médaillés de Ste Hélène, cote 4 M 154.

  • L’armée de Napoléon : organisation et vie quotidienne d’Alain Pigeard, éditions Tallandier 2003.

  • La conscription sous le Premier Empire d’Alain Pigeard, Revue du Souvenir Napoléonien, n°420, oct-nov 1998, pages 3-20.

  • Site internet des médaillés de Ste Hélène (http://www.stehelene.org).

  • Site internet « Histoire pour tous », « la vie quotidienne des soldats de Napoléon », article de Jean Dif.

    

Source illustration :

  • Bernard Coppens, site internet www.1789-1815.com

            

Montamisé, le 7 octobre 2013

Article de Jean-François LIANDIER