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Un mariage napoléonien à Montamisé

Rappel du contexte historique

Après avoir divorcé de sa première épouse, Joséphine de Beauharnais, le 15 décembre 1809, celle-ci ne pouvant lui donner d’héritier ; l'empereur prospecte les cours européennes à la recherche d’une princesse.

C'est alors que le prince de Metternich, ministre des Affaires étrangères d'Autriche, suggère à Napoléon l'archiduchesse Marie-Louise…

Le lundi 1 avril 1810, l'empereur Napoléon 1er (40 ans) épouse civilement à St Cloud l'archiduchesse d'Autriche Marie-Louise (18 ans). Le lendemain 2 avril, le cardinal Fesch, oncle de l'empereur, célèbre le mariage religieux dans le salon carré du Louvre...

Moins d'un an plus tard, le 20 mars 1811, naît l'héritier tant attendu « l’Aiglon ».

Le décret du 25 mars 1810 « du mariage de 6000 militaires » titre IV

Afin de marquer son mariage avec Marie-Louise, Napoléon 1er a pris un décret dans son palais impérial de Compiègne le 25 mars 1810. Ce décret, porte les dispositions suivantes :

« 6000 militaires en retraites, ayant au moins une campagne, seront mariés le 22 avril prochain avec des filles de leurs communes auxquelles il sera accordé une dot de 1200 F pour Paris et 600 F dans le reste de l’Empire »

Il y aura un mariage dans chacun des ressorts de justice de paix. A cette époque, Montamisé dépend de la justice de paix du canton de St Georges depuis le 18 novembre 1801.

Les anciens militaires et leurs futures épouses seront choisis dans le ressort de chaque justice de paix par une commission composée du juge de paix, président qui la réunira à son domicile, de deux maires et de deux curés, désignés par le préfet ou le sous-préfet.

« Quant aux sentiments que pouvaient éprouver ceux et celles qui allaient être désignés par une procédure administrative, pour contracter mariage à bref délai le décret n’en avait cure : l’ambiance et la promesse de la générosité impériale se chargeraient de les faire naître et de les mettre à l’unisson ».

Le mariage napoléonien de Montamisé

Le choix de la commission se porta sur notre commune où eut lieu le dimanche 29 avril 1810 et non le 22 comme prévu par le décret, par devant Toussaint Fradin maire de Montamisé, le mariage de Charles LEDE, militaire retraité du service, actuellement journalier, né à Anxaumont le 31 mars 1779, fils de François LEDE, journalier et de Marie DARDENNE, avec Magdeleine GUIONNET née à Montamisé le 4 avril 1790, fille d’Antoine GUIONNET et Marie FICHET, demeurant au Petit Nieuil.

Les témoins du mariage furent : François LEDE, cultivateur, âgé de 44 ans, demeurant à Lessart, commune de Buxerolles, frère du futur marié ; Mathieu LEDE cultivateur, âgé de 54 ans, demeurant à Charais ; Antoine GUIONNET, charpentier, âgé de 33 ans, demeurant à Poitiers, frère de la future épouse ; Jean GUIONNET cultivateur, âgé de 28 ans, demeurant à Andillé, frère de la future épouse.

Les parties contractantes ont déclaré ne savoir signer, l’acte porte les signatures du maire de Montamisé et du juge de paix de St Georges.

Charles LEDE décède en 1819. Le couple aura trois enfants nés à Montamisé et peut-être des montamiséens d’aujourd’hui sont-ils les descendants de ce « mariage napoléonien » ?

Source :
Pierre Lefranc « les mariages napoléoniens dans la Vienne » BSAO T12 4°série (1973-1974)
AD86 Registres d’état-civil numérisés

Article de Jean-François LIANDIER
Montamisé, le 2 novembre 2010

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Illustration : mariage religieux de Napoléon 1er et de Marie-Louise dans le salon carré du Louvre le 2 avril 1810, par Georges Rouget (RMN).