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Histoire de la cure et paroisse de Montamisé

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Préambule

De l’ancien régime à aujourd’hui, l’histoire de la cure liée à celle de la paroisse de Montamisé a beaucoup changé, suivant en cela celle de l’église en France, « la matrice catholique » qui autrefois, orientait de manière forte la vie en société a évolué…

  

La paroisse sous l’Ancien Régime

« La paroisse est la cellule de base de l’organisation ecclésiastique. C’est aussi la division administrative la plus importante sous l’Ancien Régime. Elle rassemble la communauté des âmes, la communauté des fidèles et constitue ainsi le cadre de vie essentiel de nos ancêtres…

L’ensemble des biens de l’église est géré par une assemblée de paroissiens : la fabrique. Les membres de cette fabrique, les marguilliers, s’occupent notamment de l’entretien des bâtiments, du luminaire, des vases, des linges sacrés, des sièges et des bancs, des locations des terres, de la perception des rentes, de l’aide aux nécessiteux, et versent au curé le casuel, c’est-à-dire l’argent rapportée par les messes C’est encore dans le cadre paroissial que le curé contrôle tous les actes importants de l’existence : depuis le concile de Trente (terminé en 1563), tous les baptêmes, mariages et extrêmes-onctions sont consignés dans un registre (puis un double à la suite de l’ordonnance civile de 1667)…

Témoin privilégié de la vie intime de la paroisse, le curé participe aussi à l’assemblée des habitants : outre ce dernier, on y rencontre le bailli du seigneur, quelques artisans et laboureurs aisés. La communauté est en principe représentée par un syndic, le plus souvent un paysan investi de la confiance de tous. Ces réunions ont parfois lieu à l’église, ou dans une chapelle, souvent à la sortie de la messe, sur la place, ou éventuellement au moulin ou au cabaret. On y débat d’administration locale… On y parle également de fiscalité, notamment la désignation des assesseurs collecteurs de l’impôt : la dîme prélevée sur le champ, la moisson en javelles encore à terre, les charges seigneuriales en nature au moulin ou au pressoir, les charges en espèces. Autant de sujets qui sont souvent le prétexte de querelles, d’autant plus que les paroissiens doivent également participer à l’entretien, à la réparation, à la décoration de l’église et de ses bâtiments annexes, mais aussi au paiement du maître d’école. Charges lourdes qui entraînent souvent l’endettement de la paroisse surtout que les gros décimateurs rechignent souvent à s’acquitter de leur part… » (2)

   

Histoire de la cure de Montamisé

« Sous l'Ancien Régime, la cure de Montamisé relevait du chapitre de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers. Au début du 17e siècle, Jehan Abonneau, curé de Montamisé demande au chapitre des travaux dans son presbytère. Il déclare en effet que, depuis plus de vingt ans, la maison de la cure est entièrement ruinée, et qu´il n´a aucun lieu où il puisse « demeurer à couvert ny se garantir des vents, pluies et aultres incommodités ». Les travaux demandés consisteraient en la construction d´une ou deux petites chambres là où se trouvait l´ancien logis, et d´une muraille autour du jardin. La reconstruction du presbytère est véritablement engagée en 1637, alors que André Taillandeau est curé. Elle est financée par l´argent collecté auprès des paroissiens, et par Laurent Richard, seigneur de la Roche de Bran, un temps accusé d´avoir détourné la collecte qui lui avait été confiée. Un état du bâtiment avant travaux, le 12 juillet 1637, permet d´en connaître l´aspect général. Le 18, un marché est passé avec Jan Chasteigner, maçon et tailleur de pierre à Charrassé, originaire du Limousin. Le nouveau presbytère comprendra une cour renfermée de murs, une chambre basse, une chambre haute par-dessus, deux cabinets hauts et deux bas, avec un escalier brisé pour monter à l´étage. Le 29 novembre 1638, Laurent Richard, seigneur de la Roche de Bran, charge Chasteigner de graver ses armoiries « sur le chapiteau d´une des principales portes de ce presbytère », avec l´inscription suivante : « Anno 1638. L. Richard, scutifer, dominus a Rupe Brenni, senator Pictaviensis, hujus presbiterii oedes de novo construxit », [En l´an 1638, Laurent Richard, mécène, seigneur de la Roche de Bran, magistrat à Poitiers, a reconstruit la maison de ce presbytère]. Le 21 janvier 1640, un aveu rendu par le curé de Montamisé au seigneur de la Roche de Bran, décrit la nouvelle maison presbytérale, consistant en chambres basse et haute, cabinets, greniers, granges, toits, colombier, cave, trois cours et un grand jardin. Cette description est précisée le 27 décembre 1662 par une visite des lieux par François Guillon, maçon, et Sébastien Chollet, charpentier à Bignoux. Dans une première cour se trouvent un four et une « galerie » sous laquelle est située une cave. Une seconde cour se trouve à l´arrière du presbytère, au sud. La propriété comprend aussi une grange, une écurie avec un colombier par-dessus, puis un grand jardin clos de murs.

Il faut attendre un siècle, en 1776, pour que de nouveaux travaux soient engagés au presbytère. Ils sont financés par M.Esperon de Beauregard, qui vient d´acheter la Roche de Bran. Une nouvelle inscription est alors apposée sur la porte d´entrée du presbytère : « Dominus de Beauregard, eques, a Rupe Brenni dominus, galliae quaestor, hujus, modo reparatae, presbiterii super aedes, ut, in constructione de novo, antiquus, olim, sui antecessor, posuit insiquia, sic, nunc, sua haec esse posita, juffit, anno 1776 » [Le seigneur de Beauregard, chevalier, seigneur de la Roche de Bran, trésorier de France, a ordonné que sur la maison de ce presbytère récemment réparée, ainsi que son prédécesseur jadis avait fait mettre une inscription relative à sa reconstruction, soient maintenant apposés ces [propos] qui sont les siens, en l´an 1776].

Pourtant, au début de la Révolution, le presbytère est encore considéré trop petit et peu commode. On envisage de l´agrandir en prenant sur l´ancienne grange aux dîmes voisines. Plusieurs réparations urgentes sont effectuées, ou au moins envisagées, dans les premières années du 19e siècle, malgré le manque de moyens financiers. Mais cela ne suffit pas et en 1840, l´évêque de Poitiers menace de retirer son curé si des travaux ne sont pas menés afin de rendre le bâtiment habitable. L´opération est alors confiée à Dupré, entrepreneur à Poitiers, qui, entre 1840 et 1843, rebouche les lézardes, couvre un escalier extérieur, et reconstruit les murs de la cour et du jardin.

Une campagne de travaux plus importante se déroule entre août 1854 et janvier 1855 sous la houlette de l´architecte départemental Dulin, et grâce notamment à la participation financière du duc des Cars, propriétaire de la Roche de Bran.

Le devis estimatif des travaux donne une description des bâtiments avant et après les opérations. Dans la cour, à droite en entrant, se trouve un vieux bâtiment en rez-de-chaussée, accolé à la façade du presbytère, et renfermant un pressoir et une petite cuisine. Il est démoli pour dégager la façade. Le logis est allongé vers l´est. Le corps de logis initial est conservé mais on élève les planchers et les baies pour les mettre en harmonie avec la construction neuve qui le prolonge. Le rez-de-chaussée du nouvel ensemble comprend une cuisine, un office, une salle à manger, un salon, décoré d´une corniche en plâtre, et un cabinet. L´étage, accessible par un escalier en bois de chêne et d´ormeau, comprend trois chambres avec cheminées, et deux cabinets. Au-dessus se trouve un vaste grenier. Une porte d´entrée donne depuis la cuisine sur la petite cour sud où se trouve une petite dépendance et la fosse à fumier. Dans la grande cour nord, un nouvel escalier de neuf marches est construit pour descendre à la cave, un nouveau hangar est construit dans le fond de la cour, à la place d´une ancienne dépendance. Ces travaux donnent au presbytère l´aspect général qu´il garde jusqu´à sa démolition en 1990.

Dans les années 1870-1880, quelques réparations sont effectuées aux murs qui ferment la petite cour sud et le jardin au nord. En 1913, une remise est construite dans l´angle nord-ouest du jardin, afin d´abriter le corbillard que la municipalité vient de faire fabriquer par Victor Richard, charron à Montamisé. La toiture du presbytère, en tuile creuse, est remaniée à la suite d´une tempête en 1931. La charpente et la couverture de la grange sont refaites en 1941-1942, après un incendie.

En 1962, une partie du jardin est vendue pour les besoins de la boulangerie coopérative voisine (au nord). En 1972, tombant en ruines, l´ancien garage du corbillard est démoli. Inoccupé à partir du début des années 1980, le vieux presbytère est démoli au cours de l´été 1990 pour faire place à des logements locatifs, les « Jardins de la Cure », conçus par l´architecte Michel Papot et inaugurés le 15 juin 1991. Construit à l´emplacement de l´ancien logis, un nouveau bâtiment sert aujourd´hui de permanence paroissiale. » (1).

  

Liste des curés de la paroisse de Montamisé de 1610 à 1999

A consulter ici.

   

La communauté locale catholique de Montamisé / St Georges les Baillargeaux

Le 22 septembre 1997 installation par l’Archevêque de Poitiers Mgr Albert Rouet d’une communauté locale Montamisé- St Georges les Baillargeaux animé par le père Demoor prieur du couvent des dominicains de Poitiers puis le 1 septembre 1999 par le père Rigommier Marcel…La communauté est aujourd’hui animée par deux délégués pastoraux laïcs : Jean-Marie PAREAUD et Raymond DESMAN et une équipe de fidèles laïcs…

   

Une nouvelle paroisse, St Jean XXIII Poitiers-Nord

Depuis septembre 2014, la paroisse nouvelle Saint Jean XXIII Poitiers-Nord regroupe les communes de Montamisé, Saint-Georges, Chasseneuil, Saint-Cyr, Dissay, Jaunay-Marigny et Avanton. Dans cet ensemble, chacune des communautés locales assure une pastorale de proximité.

A Chasseneuil, lors de la messe du samedi 22 septembre 2018, l’Archevêque de Poitiers, Mgr Pascal Wintzer a officiellement installé le Père Armel de Sagazan, nouveau curé de la paroisse Saint Jean XXIII.

Le père Armel de SAGAZAN est né en 1952 à La Chapelle-Saint-Laurent (79). Il est secondé dans sa fonction par trois prêtres auxiliaires : Abel BOUSSEAU, Jean-Pierre JAMMET et Marcel RIGOMMIER.

« Le père Armel de Sagazan a été ordonné prêtre en 1982 à l’âge de 30 ans mais avant de s’engager dans la religion il a eu une vie passionnante faite de voyages. Tout d’abord ses études (licence d'histoire géographie, histoire de l’art puis Sciences Po Paris, formation de journaliste...) l’ont conduit en Pologne pour la presse puis à Madagascar où il enseigna comme coopérant. A son retour il fut ordonné prêtre et vînt à Poitiers plus précisément à l’aumônerie des étudiants jusqu’en 1992. Nommé à Chauvigny durant cinq ans il fut supérieur de séminaire, « un rôle délicat » se souvient -il, « qui consistait à accompagner les futurs prêtres dans leur formation... » Après cela il se retrouva recteur de la cathédrale de Poitiers et demanda une disponibilité. « Je voulais faire du neuf » précise-t-il, « on m’a envoyé dans le sud des Deux-Sèvres, où j’ai vécu de très belles choses auprès de petites communautés chrétiennes et en même temps on m’a appelé pour être aumônier national des entrepreneurs et dirigeants chrétiens, avant d’exercer à Niort… ». (Source : NR du 8-10-2018)

Conclusion

Le manque de prêtres, l’évolution des pratiques religieuses, une évolution culturelle a modifié le rapport entre la religion et la vie en société. On constate une plus grande investiture des laïcs dans les charges pastorales qui leur sont confiées…

Mgr Georges Pontier, Archevêque de Marseille et ancien président de la conférence des évêques de France déclarait dans un entretien au journal « Le Point » : « Un ensemble de signes montrent que nous avons changé d'époque dans les pays occidentaux et notamment en Europe. Auparavant, en France notamment, la société civile s'organisait par rapport aux repères chrétiens. Ce temps est fini, comme on l'a vu lors des débats sur le mariage pour tous. Nos sociétés sont devenues plurielles sur le plan religieux, y compris dans le monde chrétien, où des sensibilités différentes s'expriment, je pense en particulier à l'évangélisme protestant. Mais il y a aussi un monde athée qui se signale dans l'espace public. Nous vivons un moment où la vie chrétienne n'est plus un comportement automatique ou héréditaire, mais un choix personnel, et un choix que l'on effectue souvent à l'âge adulte. Il ne faut pas se lamenter de cette évolution : le nombre de catéchumènes de plus de 18 ans dans notre pays est en légère augmentation chaque année depuis une décennie… ».

   

Sources :

  • (1) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; Communauté d'Agglomération de Poitiers, auteur Yannis Suire.
  • (2) Site internet « Histoire-Généalogie », la paroisse rurale par Thierry Sabot.
  • Pierre Goubert : Les Français et l’Ancien Régime, tome 1, Paris, Armand Colin, 1991.
  • Robert Mandrou : Introduction à la France moderne 1500-1640, Paris, A. Michel, 1961.
  • Robert Muchembled : Société, culture et mentalités dans la France moderne, XVI-XVIII° siècle, Paris, Armand Colin, 1994.
  • Huard Georges. Considérations sur l'histoire de la paroisse rurale, des origines à la fin du Moyen Âge. In : Revue d'histoire de l'Église de France, tome 24, n°102, 1938. pp. 5-22.
  • Site internet du diocèse de Poitiers, et de la paroisse St Jean XXIII Poitiers-Nord
  • Photo presbytère en 1975 : Région Poitou-Charentes-Communauté d’agglomération de Poitiers / Reproduction G. Beauvarlet, 2006.
  • Photo corbillard 1976 : Région Poitou-Charentes, inventaire CAP, collection particulière Michel Dantin

  

  

Montamisé, le 19 mai 2019

Article de Jean-François LIANDIER  

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Ancien corbillard